dimanche 10 mai 2020

La marche - s'abandonner en toute liberté

Les blessures récurrentes m'ont forcé il y a quelques années à passer de la course à pied à la marche. Pourtant, aucun autre exercice physique n'avait réussi à me procurer autant de satisfaction que la course. C'est donc résigné que j'ai adopté la version lente du déplacement pédestre.

Parfois, le chemin qu'on prend un peu à contre-coeur finit par s'avérer agréablement judicieux. La marche n'avait pas fini de me surprendre. Lentement mais sûrement, cette activité me paraissant d'abord anodine s'est dévoilée être une pléiade de possibilités. 

Parler de la marche comme d'un ensemble est réducteur pour cette activité si accessible. Parce qu'il existe plusieurs sortes de marche. La marche peut être courte ou très longue. Elle peut être sportive ou contemplative. On peut marcher en ville, en forêt, sur la plage ou encore en terrain accidenté. Il y a les marches en solo, en amoureux ou avec un enfant. Il y a celles qui sont imprévues et pour lesquelles on est mal équipé. Il y a celles où on se dépasse, puis celles qui s'avèrent trop difficiles. La marche peut servir d'inspiration, pour prendre des photos ou encore chercher son prochain sujet d'écriture. 

Mettre un pied devant l'autre, avancer, se mouvoir, enjamber, même sans destination. Approcher, déambuler, errer, se dandiner, même sous la pluie. Marcher d'un pas assuré et rapide vers un rendez-vous ou encore bifurquer de notre route initiale parce qu'un paysage attire notre attention. Trotter en sifflant notre bonne humeur ou se traîner les pieds en absence de motivation. Grimper une montagne pour en admirer le sommet ou encore s'aventurer pieds nus dans le sable pour qu'il caresse nos orteils. 

Je n'avais jamais vraiment pris le temps de réfléchir sur la marche. Tout ce que je savais, c'est qu'elle me faisait du bien. En ignorant concrètement les bienfaits, je me contentais de me dire que j'allais prendre l'air. Il y a deux mois environ, j'étais loin de me douter que ça deviendrait une des seules activités possibles. 

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L'humain marche depuis toujours, mais force est d'admettre que la multiplication des moyens de transports ou la nécessité de parcourir en peu de temps une grande distance, font qu'on marche moins.
Qui plus est, certains prennent leur voiture pour aller marcher sur un tapis au gym. Mais dans sa simplicité, cette activité endossée par notre gouvernement en temps de crise a certainement fait de nouveaux adeptes.

Tout d'un coup, comme bien d'autres je m'y suis accroché. La marche est devenue non seulement un exercice bon pour la santé, mais aussi un exutoire, un synonyme de liberté. Devant tout ce qu'on prenait pour acquis, s'accrocher à cette activité est devenu vital afin de maintenir un esprit sain. Nous nous sommes fait retirer plusieurs chose qui nous faisaient du bien, ou le croyait-on. Mais qui avait réellement exploité la marche à son plein potentiel?

Étant un fan de randonnée le weekend, jamais il ne me serait passé par l'esprit d'aller marcher après le souper. Amateur plein air, j'ai ce besoin de sortir de la ville pour respirer l'air pur. La marche urbaine ne représentait pas tant d'attrait pour moi. Jusqu'à ce que je prenne le temps.

C'est en marchant qu'on remarque des choses qui n'auraient probablement jamais attiré notre attention autrement. En prenant le temps, on finit par remarquer que marcher stimule la créativité, favorise la méditation, énergise, détend, réduit le stress, est bénéfique pour l'humeur générale, favorise la digestion et j'en passe. Il y a là-dedans un petit quelque chose pour tous, peu importe la vitesse, la distance, le lieu ou la compagnie. Un remède miracle gratuit, toujours disponible? Peut-être bien.

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La marche d'aujourd'hui n'a pas été aussi longue que je l'aurais souhaitée. Il ventait très fort à Lachine, près de la marina. Peu de gens s'y étaient risqués, contrairement au Parc Lafontaine de la semaine dernière. Mais chaque pas de ce moment passé avec mon fils était savoureux. Le vent nous faisait couler les yeux, le froid pinçait les joues, mais nos sourires en disaient long.

On a pu discuter de tout et de rien, des incertitudes actuelles, du temps qui semble s'être arrêté. On a pu aussi passer quelques moments en silence, à simplement être bien. On a vu des bernaches avec leurs petits, qui n'avaient que faire du froid de canard qui sévissait en ce 10 mai. Puis comme toute marche, elle nous a creusé l'appétit.



Le choix de l'osso bucco au citron était tout indiqué. Plat parfait pour la grisaille et le temps plus froid, c'est le type de plat auquel on ne pense plus à ce temps de l'année. Mais en ce printemps 2020, nous n'en sommes plus à une surprise près. En plus j'avais une belle bouteille pour accompagner ce mets. 

Le St-Pauls Pinot grigio n'a rien d'un pinot grigio simplet, mince et sans saveur. Ceux qui ont un préjugé dévaforable envers ce cépage n'ont probablement pas goûté à cette cuvée. Provenant de la région montagneuse du Trentino Alto Agige, dans le nord de l'Italie, ce vin blanc surprend par sa richesse et son onctuosité. Les notes de fruits blancs et de melon de miel dominent, supportées par une finale florale bien dosée. Sa puissance aromatique et son gras supporteront parfaitement les jarrets de veau au citron. 

J'en profite pour souhaiter bonne fête des mères à toutes les mamans de la terre. Santé!

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Vin disponible en importation privée chez Sélect Vins, environ 24$.

dimanche 3 mai 2020

Le train - voyager intérieurement

J'ai grandi à Pointe Saint-Charles, dans le Sud-Ouest de Montréal, un quartier ouvrier où des paysans irlandais ayant fuit la Grande Famine s'y sont établis. Ils auront entre autre contribué à creuser le Canal Lachine.

Ceux qui viennent du coin vous le diront tous, le train fait partie intégrante du paysage urbain, tant visuel que sonore. Impossible d'y faire abstraction quand tu habites ici, le grincement strident, les wagons qui s'entrechoquent, le coup de frein, le sifflet. 

Plusieurs types de trains passent par ici. Certains transportent des passagers, mais plus souvent ce sont des trains de marchandises composés d'une variété impressionnante de wagons. Il servent de transport mais aussi de support pour les esprits créateurs d'art de rue. Alors que certains graffitis sont simplets, d'autres tiennent du chef d'oeuvre artistique.

J'ai toujours aimé les trains, tant y prendre place que les regarder passer. C'est toutefois lors de mon premier voyage en Europe en 1999 que j'ai saisi l'ampleur de la beauté que pouvait procurer un voyage en train. Pour la première fois, j'expérimentais la joie d'être de l'autre côté de la fenêtre. Plutôt que de voir défiler les wagons, ce sont les paysages qui sous mes yeux se succédaient.

Des vallées verdoyantes, des montagnes à l'horizon et des troupeaux d'animaux qui broutent. Des forêts, des cours d'eau et les ponts qui les traversent. Des enfants qui envoient la main, des voitures qui attendent que nous soyons passés et des fleurs de toutes les couleurs qui oscillent dans le vent. Des toits orangés en terre cuite, des nuages floconneux et des clochers d'église visibles de loin. Un festin visuel sans cesse renouvelé, bien installé sur une banquette.

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L'ambiance de la gare mérite qu'on s'y attarde un moment. Des tas de gens, qui viennent de partout convergent en ce lieu. Des gens pressés et d'autres qui tuent le temps. Des habitués alors que certains cherchent leur chemin. Des gourmands qui profitent de la halte pour casser la croute. Des retrouvailles et des gens qui s'embrassent après tout ce temps sans s'être vus. Des larmes d'amoureux qui se quittent pour ce qui leur semble déjà une éternité. Une effervescence très divertissante pour l'observateur analytique que je suis. 

La gare est l'épicentre d'une multitude de possibilités, le noyau d'une étoile aux branches infinies.
Qui n'a jamais imaginé changer d'idée à la dernière minute pour aller vers une destination imprévue?
Chose certaine, ce n'est pas le choix qui manque. Et comme il y a du beau partout, le mauvais choix n'existe pas.

Nous ne sommes pas prêts de pouvoir voyager physiquement, mais il existe plusieurs façons de se transporter ailleurs. Les rêves sont gratuits et toujours possibles. Avoir la tête ailleurs n'a jamais été aussi pertinent et salutaire. Alors que tout est permis dans l'imaginaire, laisser valser ses idées allège le quotidien. Réflexions et introspections font également cheminer, nous permettant de nous découvrir chaque jour un peu plus. De retour de l'autre côté de la fenêtre, observant les trains qui se succèdent jusqu'à nouvel ordre, les voyages intérieurs deviennent une solution intéressante à exploiter.

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On peut aussi voyager par la bouche. À cette ère où l'achat local justifié reprend lentement ses lettres de noblesse, nous avons tout de même la chance de bénéficier de produits qui viennent de partout dans le monde. Les épices disponibles dans les supermarchés et dans les boutiques spécialisées nous permettent de voyager dans nos assiettes. Du poulet au beurre, à la taboulé en passant par le pad thai, les fajitas et les patties jamaicains, un monde culinaire infini est à notre portée.

Le vin aussi nous fait voyager. Des centaines de cépages différents, des climats variés, des sols riches en minéraux, des techniques de vinification, des calendriers lunaires, des séjours en fûts sont autant d'influenceurs sur ce fruit magnifique qu'est le raisin, lui permettant de se vêtir d'une expression toute spécifique. 

Du voyage en bouteille, ça existe. Rapporter un vin dans ses valises permet, le jour de son ouverture, de revisiter le pays qui nous a accueilli, de revivre un moment passé avec des amis, de se transporter l'espace d'un instant à l'autre bout du globe. La mémoire olfactive est puissante. Les arômes d'un vin sont associés à des odeurs qu'on se rappelle: la confiture aux fraises de grand-mère, les clous de girofle dans les boulettes à Noël, le crayon de plomb fraîchement aiguisé, l'air salin de la mer. La combinaison des souvenirs est sans fin lorsqu'on plonge le nez dans un verre.

J'ai visité le Piémont, région du nord-est de l'Italie, en 2013. J'en garde encore aujourd'hui des souvenirs aussi vifs qu'heureux. Surtout reconnue pour ses vins rouges issus du cépage nebbiolo comme les Barolo et Barbaresco, c'est ici un blanc dont il est question. Doté d'une belle amplitude, le Gavi del Comune di Gavi de Villa Sparina a tout pour plaire. Droiture, longueur, volume, richesse, minéralité. Comme une caresse en bouche, il ne manque pas de matière. Des arômes de fruits exotiques n'empêchent pas la perception de la minéralité et sa finale persistante est supportée par une belle fraîcheur. En voyageant dans mes souvenirs, je me remémore les accords de circonstance avec les agnolotti au veau et champignons avec beurre de sauge et le classique vitello tonato.

Accrochons-nous à ces souvenirs, le temps que la crise passe. Revisitons nos rêves de voyages, parce qu'un bon matin on se réveillera et le train repartira. C'est alors qu'à bord, le sourire aux lèvres et le coeur léger, nous irons matérialiser nos idées et mettre la table pour de nouveaux souvenirs.

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Ce vin est actuellement vendu en importation privée chez Select Vins, mais voyagera jusque sur les tablettes de la SAQ dès Novembre 2020.

dimanche 26 avril 2020

Le temps - recommencer à écrire


Ça fait 5 ans. 

Ça fait 5 ans que je n'ai rien publié dans ce blogue. Pas certain aujourd'hui de me rappeler pourquoi je l'avais mis de côté. Pourtant écrire a toujours été quelque chose que j'ai apprécié et qui m'a fait du bien.

Par manque de temps? d'inspiration?

Le confinement auquel on fait tous face a ça de bon qu'il nous libère du temps, des moments avec nous-mêmes. L'humain a horreur du vide, mais nous voilà limités dans nos options pour le combler.

Limités? 

Vraiment?

Les automatismes routiniers qui meublaient nos journées sont chamboulés en temps de confinement. La routine bousculée suscite des réflexions. 

Mais pourquoi ces réflexions étaient-elles si rares auparavant?
Trop peu de remise en question. Pas assez de recul. Trop peu de pauses dans ce quotidien où l’impression de courir sans jamais vraiment atteindre le fil d’arrivée est devenu la norme. 

Pas le temps.


Prendre son temps est un concept savant et sage mais peu appliqué. Tout va très vite. Trop vite. 

Cette crise serait-elle une opportunité incroyable? Combien ont fait du pain pour la première fois, se rendant compte qu'en l'achetant au marché, l'odeur qui embaume la maison n'était pas incluse? Combien se sont remis à la marche, à jouer de la guitare, ou encore à préparer des semences pour le potager?

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Je suis retourné à mon condo en rénovation, dont le chantier est en arrêt depuis le début de la crise. Je me suis posé sur une chaise au soleil, sur ma terrasse sur le toit. 

Dans d'autres circonstances, j’aurais tout nettoyé, préparé la terrasse afin de recevoir des amis, je me serais dépêché à vouloir en faire le maximum pour éventuellement pouvoir en profiter une heure ou deux. 

Certes j’aurais été satisfait de mon accomplissement, mais aurais-je réellement apprécié le fond de l’air légèrement frais qui caresse la peau au soleil? Me serais-je attardé à écouter le chant des oiseaux qui gazouillent en cette saison de nidification? Les nuages fins à l’horizon m’auraient-ils fait penser à une touche de lait dans un café onctueux? 

Beaucoup trop à accomplir. Pas le temps.

Ce à quoi on accorde de l’importance est très personnel. Ce qui nous fait du bien est propre à chacun. Pour ma part, je me suis permis de laisser mon esprit dériver. Parce que parfois, lâcher le gouvernail mène le bateau dans des contrées insoupçonnées.

Pendant qu’une abeille volait autour, semblant encore un peu endormie, l’air a soudainement déplacé  une odeur de charbon de bois, ce qui m'a aussitôt fait saliver. 

Cette odeur si caractéristique m'a transporté en un clin d’œil à Cat Ba au Vietnam, il y a une vingtaine d’année. Au matin, les effluves du charbon embaumaient les rues. La vie s'activait.
L’idée de leur café matinal un peu trop sucré mais tellement réconfortant aidait déjà à appaiser mon état comateux. 

Ils le préparaient sur un feu de charbon et savaient bien cultiver le désir. J’avais l’impression que l’attente pour enfin tenir dans ma main ce liquide chaud et savoureux était interminable. J’avais même parfois l’impression que mon café était plus long à préparer que celui des locaux (et probablement plus cher, mais bon).

Déjà, j'étais conditionné à vouloir tout, vite. Parce que attendre, je n'en avais pas le temps.

Aujourd’hui je me rends compte que les souvenirs que j’ai de ces matins ne sont nullement rattachés à la lumière du matin, au nom de celui qui me préparait mon café, au sourire des passants ou encore à la couleur des fleurs en bord de route. 

Outre le goût du café, mon seul autre souvenir demeure l’attente. C’est bien dommage, peut-être qu’une expérience de confinement avant le voyage m’aurait permis d’apprécier tout le reste à sa juste valeur. Peut-être même au point d'oublier ce pourquoi j’étais descendu dans la rue.

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Ce que nous vivons au printemps 2020 nous aura tous un peu changé. Dans ce chapitre de notre vie où on a l’impression de contrôler beaucoup moins de choses qu’avant, elle est peut-être là la plus belle leçon: s’apercevoir que le temps qu'on a dans une journée, c'est précieux.

C'est aussi facile de le gaspiller. Rêvasser, par un matin gris, à sirotter un café chaud en regardant pas la fênetre, n'est pas perdre son temps, c'est le vivre.

Prendre le temps de déguster un vin, d'en apprécier les arômes, d'être surpris par sa texture, de chercher des accords vins et mets possibles, fait aussi partie des plaisirs de la vie. 

En posant mon nez dans mon verre de Picpoul hier, alors que le soleil réchauffait l'âme, j'ai eu l'impression que la vie me souriait. L'Ormarine, ce vin blanc sec, affichait des notes de citron, de fleurs blanches et de craie à tableau.


Pendant qu'un Junco ardoisé ratissait la platebande, les arômes floraux et fruités aussi valsaient en bouche. L'accord soleil fraîcheur était à point. Facile sans manquer d'un certain volume, ce blanc était parfait pour l'apéro sans se limiter à cette option. 

C'est alors que je me suis mis à rêver de homard et que, le temps de penser à des recettes possibles, mon verre était vide. Pendant que j'analysais les arômes, je me suis rendu compte que ça fasait une éternité que je ne m'étais attardé à faire cet exercice en m'y consacrant pleinement. 

Le coeur léger, le sourire aux lèvres, j'y étais arrivé.

J'avais pris le temps. Merci d'avoir pris le vôtre pour vous rendre jusqu'ici.

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samedi 19 avril 2014

Bienvenue chez Univins Agnès Paquet !!

DOMAINE AGNÈS PAQUET AUXEY-DURESSES 2011 (SAQ 11772946 - 27,95$) vin blanc sec


Je tiens à souhaiter la bienvenue à Agnès Paquet, nouvellement entrée dans le portfolio de Univins. Jusqu'à présent, cette maison était auto-représentée au Québec. C'est avec bonheur que je commence à découvrir ses vins en commençant ici avec son chardonnay de l'appellation Auxey-Duresses blanc (elle en produit aussi un rouge issu de pinot noir). 

J'ai passé la journée au chevet de mon fils Léo qui s'est mis à être malade à 5:00 am... hummm! gros weekend de Pâques en perspective! Je me suis dit qu'il fallait renouer avec les bonnes choses. J'ai mis deux bonnes heures à nettoyer le jardin du devant de la maison, un petit coup de râteau pendant que le petit était évaché, presque vert, sur le perron. 

Mais comme l'air frais et le soleil ont des vertus, je me suis mis à avoir soif et le petit lui, a tranquillement vu son apathie laisser place à la joie de vivre propre aux enfants. Un bon blanc se prêtait parfaitement à la situation, quelque chose de frais, de minéral. Moi qui venait de travailler la terre et qui croyez-le ou non amorcera la semaine prochaine avec la face rouge de homard (après tout on est presque en saison!) gracieuseté de ma pigmentation rousse irlandaise, j'avais besoin de vivacité, d'un vin désaltérant sans être trop facile, parce qu'il devait aussi me servir de vin de repas. Myriam revenait à la maison avec du flétan qu'on allait se faire simplement au BBQ avec du citron et des oignons rouges.

D'un jaune citron prononcé, ce chardonnay de Bourgogne affiche un nez à dominante de fruits blancs, comme de poire et de pomme golden, avec une belle minéralité et une pointe de fleurs blanches rappelant le muguet printanier. En bouche, un éclatante fraicheur, exactement ce que je recherchais. Surprise, pratiquement aucun arôme relié au bois, sauf peut-être trahi par sa texture ronde sans être grasse, ajoutant du volume mais aucune pesanteur. Un boisé bien dosé donc! Ce blanc moyennement corsé donc, mais bien polyvalent à table, même que sa fraîcheur lui donne un laisser-passer pour l'apéro. Le plan du souper était déjà fait mais la versatilité de ce chardonnay m'a donné d'innombrables idées d'accords. L'entrée de salade de crevette à la mangue et à l'aneth allait aussi bien que le flétan du plat principal.

Bref le genre de vin qui donne vraiment envie de découvrir le reste de ce que cette productrice a à offrir à la SAQ!

Joyeuses Pâques à tous!

Adam Drolet
adrolet@univins.ca
514-347-0245










vendredi 18 avril 2014

La magie des Chambolle Musigny 2011


DOMAINE TAUPENOT-MERME CHAMBOLLE-MUSIGNY 2011 (SAQ 11984308 - 67,00$) vin rouge sec

DOMAINE TAUPENOT-MERME CHAMBOLLE-MUSIGNY 1ER CRU LA COMBE D'ORVEAU (SAQ 11816371 - 121,00$) vin rouge sec 

C'est devenu un rendez-vous annuel, la visite de Virginie Taupenot-Daniel. Toujours inspirante et passionnée, cette productrice est également présidente de l'association Femmes et Vins de Bourgogne. À chaque fois que j'ai la chance de faire la tournée du marché avec elle, j'en apprends. La Bourgogne est unique au monde et possède une variété de terroirs que seules les années de dégustation peuvent permettre d'apprivoiser. Pourtant, plus on en apprend, plus on se rend compte qu'en fait il nous en manque beaucoup. La Bourgogne, c'est une multitude d'émotions, de visages, d'états d'âme. Si l'an passé j'ai compris Morey-St-Denis, cette année, j'ai compris Chambolle-Musigny.

Le Chambolle-Musigny village présente un nez à dominante de poivre rose, de cerises, avec un côté minéral bien à l'avant-plan. Un fruit présenté avec beaucoup de générosité et des notes épicées lui conférant un voile d'exotisme. De tous les vins que nous a présenté Virginie sur son millésime 2011 (St-Romain, Chambolle-Musigny, Gevrey-Chambertin, Chambolle-Musigny 1er cru La Combe d'Orveau, Nuits-St-Georges 1er cru Les Pruliers), ce sont les Chambolle qui m'ont semblé offrir la prestation la plus complète. Appellation de finesse tannique, son appellation Village ne déçoit pas aux attentes: ça coule avec précision et minutie. Dès l'ouverture, c'est déjà tendre et accessible, malgré la jeunesse. 

"2011, ça donne des vins fins qui se donnent généreusement dès le début"
Virginie Taupenot-Daniel


On la sentait bien cette générosité sur le St-Romain 2011. On la remarquait même sur le Gevrey-Chambertin qui, d'habitude est plus austère en jeunesse. Un peu moins sur le Nuits-St-Georges qui m'a paru le plus fermé de la gamme, bien qu'il fût le préféré de plusieurs qui ont eu l'opportunité de le déguster au cours de sa visite. Je me suis surpris moi-même à préférer les Chambolle qui sur 2010 s'étaient bien présentés mais m'avaient semblé trop fermés et manquer la structure des Gevrey et des Morey.


Mais parlons du vin qui m'a scié les jambes: la Combe d'Orveau 2011, issu de vignes d'un âge moyen de 60 ans, d'une petite parcelle enclavée par les Musigny. Je m'étais fait des notes mentales de cette alliance de finesse et de complexité, mais comme une image vaut mille mots, imaginez mon visage avec le portrait suivant...

Anton Ego, le critique culinaire dans Ratatouille, le film animé pour enfants (... et adultes qui trippent bouffe comme moi!). Vous savez quand il prend sa première bouchée de ratatouille, ses yeux s'écarquillent, son visage ainsi que le reste de son corps se figent, il échappe son crayon puis, le flashback de son enfance... ben c'était moi, dans le backstore de la SAQ au coin de Pie IX et Ontario, sauf avec ma grosse face! Et comme j'étais pas assis comme Ego, mes genoux ont fléchi!
Ceux qui n'ont pas vu ce film, gâtez-vous!

Mais revenons au vin, parce que je n'ai toujours pas compris comment Virginie avait trouvé le moyen de concentrer autant de matière dans cette bouteille sans avoir l'ombre d'une fermeté de tannins. Au contraire, c'était de la dentelle, du crochet, un vrai travail d'artisan. Je n'ai même pas encore parlé d'arômes parce qu'encore sans mot devant cette oeuvre qui, 48 heures après son ouverture lors de notre soirée VIP à la SAQ Rockland, n'a pas bougée d'un iota. Frais comme la rosée du matin, de la poésie liquide.


Merci Virginie de prendre soin de ton terroir comme tu le fais. Des vins mémorables, vibrants, vivants et purs.

Adam Drolet
adrolet@univins.ca
514-347-0245







samedi 12 avril 2014

Un vin espagnol qui tient la route: Lan Crianza 2010

 LAN CRIANZA RIOJA 2010 (SAQ 741108 - 19,85$) vin rouge sec


Hier soir j'avais promis à Audrey, notre infographiste chez Univins, que je lui donnerais un bref descriptif pour ce vin espagnol, qu'on offrira en étalage aux succursales SAQ à l'automne prochain. Elle attendait après moi pour pouvoir finaliser son visuel des propositions et je l'ai complètement oubliée. En soirée, comme un gars vaillant qui apporte du boulot à la maison, j'ai ouvert la bouteille et me suis versé un verre dans le but d'en faire l'analyse et la description (je te le jure Audrey j'en avais vraiment l'intention...), mais j'ai chocké! Longue semaine ou peut-être lunch du vendredi qui s'est un peu trop étiré, je n'en sais trop, mais le vin est resté dans le verre intouché et j'ai remis le bouchon sur la bouteille. Je me sentais coupable (un peu quand même...) en me disant que je n'aurais probablement pas l'heure juste en le dégustant le lendemain. Mais je ne me sentais pas la force de finir le travail hier soir.

Puis après un 3 km de course au beau soleil ce matin, je me suis dit qu'il serait intéressant "d'ouvrir la cour" et de se faire un petit BBQ. Myriam revenait avec des steaks et c'est seulement là que je me suis rappelé du LAN crianza débouché un bon 20 heures plus tôt. "Ouais ben, here goes nothing!" pensais-je. Eh bien laissez moi vous dire que le vin était en pleine forme! Au point où je me suis dit (un peu pour me déculpabiliser) qu'il était même sans doute meilleur qu'il était hier!

D'un rubis bien brillant, au nez à la dominante de framboises, ce Rioja présentait aussi de beaux arômes de cuir, de réglisse avec une pointe de notes boisées bien intégrée. La bouche souple mais pleine, riche mais soyeuse, il offrait une belle structure facilement capable de supporter ce steak issu du BBQ célébrant la première terrasse de l'année 2014. 

Très heureux finalement de ne pas avoir fait d'overtime hier et d'avoir pu constater la solide tenue de route de ce Rioja... désolé Audrey!!

Cépage: 100% Tempranillo
Vieillissement: 12 mois en fûts


jeudi 10 avril 2014

Nouvel arrivage Cellier: Un merlot de Sonoma surprenant

BUENA VISTA MERLOT SONOMA 2010 (SAQ 12198667 - 22,70$) vin rouge sec
*le lien que je mets normalement vers le site SAQ.com n'est pas encore actif puisque le vin paraîtra en première dans la revue Cellier du 5 mai prochain.

Buena Vista Winery constitue la première winery premium de Californie, fondée en 1857 par l'autoproclamé "Count of Buena Vista". J'ai personnellement personnifié le Count l'an passé dans le cadre du salon annuel des vins de la Californie. Quel bonheur de relever ce défi lancé par mon VP Frank. Il faisait très chaud sous ce costume, mais l'important, c'est qu'on en a fait rire plusieurs!

Cette winery a été reprise tout récemment par le Groupe Boisset et nous avons l'opportunité de les représenter au Qc. Après une courte aventure de son pinot noir Carneros en exclusivité à la SAQ Dépôt puis un peu d'importation privée, voici que la SAQ nous a accordé une première référence de cette maison au potentiel certain. Peut-être pas celle à laquelle on s'attendais le plus, comme un pinot noir ou un chardo, mais bien un merlot de Sonoma. Je vous avoue que le choix du monopole n'aurait pas été le mien. J'ai dégusté plusieurs vins de la région de Sonoma et je ne me rappelle pas avoir dégusté un merlot que j'aurais racheté. Celui-ci m'a fait changé d'idée et m'a beaucoup surpris.

D'un rouge rubis d'intensité moyenne au pourtour violacé, ce vin californien dévoile des notes de cerises et de bleuets, de chocolat (je jure avoir eu un flashback des bleuets des pères trappistes, hummm...), ainsi qu'une touche florale rappelant le lilas et l'eucalyptus.

Beaucoup de fruits en bouche "trappist style", mais mon attention a été retenue par deux choses qui selon moi font que ce merlot se distingue de ceux que j'ai goûté avant. De un, le vin est sec. Je pousserais pas à dire qu'il est officiellement 4g/l de sucre ou moins, parce que j'ai pas l'info exacte, mais chose certaine, il y a quelqu'un qui a compris quelque chose dans la vinification. Deuxièmement, un taux d'alcool à 13,5%. Pas de lourdeur, pas sucré, d'une certaine finesse bref, atypique de tout ce que j'avais jusqu'ici dégusté. Les tannins sont souples, la fraîcheur est au rendez-vous et ne semble pas traficotée par de la réacidification. C'est clean sans être prétentieux et ça fait la job au delà des attentes. 

Y'a pas beaucoup de vins rouges américains à mon sens assez digestes pour être bus sans manger, même à l'apéro. C'en est un. Mais si vous désirez l'accompagner, présentez-lui donc une grillade de porc, un confit de canard ou encore une brochette de poulet style teriyaki.

Le 5 mai prochain, arrivage cellier, come get some!

samedi 5 avril 2014

La patience récompensée: un rouge des Marches

GAROFOLI GROSSO AGONTANO RISERVA 2007 (SAQ 905679 - 28,45$ millésime 2008 actuellement disponible) vin rouge sec

La maison Garofoli est surtout connue pour ses grands blancs de l'appellation Verdicchio dei Castelli di Jesi (DOCG), dont la qualité ne fait plus aucun doute et qui représentent plus de 60% de leur production. 
Ce grosso Agontano de l'appellation Conero (DOCG), dans les Marches, issu à 100% du cépage Montepulciano, que j'avais déjà dégusté à quelques reprises, m'avait toujours laissé perplexe. Je l'ai dégusté il y a deux ans, alors que je représentais la maison (ce qui n'est malheureusement plus le cas aujourd'hui). J'en venais toujours à la même conclusion: trop chaud en alcool, déséquilibré et au fruit masqué par l'alcool. J'avais beau carafer, rien à faire. J'ai donc décidé de ne pas m'acharner et d'oublier cette bouteille au cellier un certain temps. 
marche.png
C'est toujours un peu frustrant quand on s'achète une bonne bouteille et qu'on a l'impression de ne pas pouvoir en profiter pleinement, mais parfois, la patience sait récompenser celui qui a attendu... et ce fut le cas hier soir!

Sur un repas sans prétention: une pasta sauce tomate, ail et basilic, accompagnée de saucisses italiennes piquantes (en tout cas elles étaient supposées l'être mais je pense qu'on a pas la même définition de piquante le boucher et moi...) j'abordais donc cette bouteille avec aucune attente mais plutôt par défaut. Je n'avais rien d'Italien de moyenne gamme étant prêt à boire, fallait donc redonner une chance à celle-ci, qui couvait dans le cellier depuis 2 ans. Eh bien il en a valu la peine!




D'un rouge grenat d'intensité moyenne laissant poindre une touche d'évolution aux reflets tuilés, ce vin dévoile au nez des notes de prunes, de mûres sauvages et de raisins de corinthe. Quelle différence avec le même vin où j'avais l'impression de chercher le fruit! Viennent ensuite des parfums épicés, de menthe, de cannelle et de bâton de réglisse. Je note une belle présence de minéralité dans ce bouquet, de même que certaines notes plus évoluées, de cuir et de tabac. Humm, complexe à souhait! 
En bouche, beaucoup de matière, mais des tannins ficelés serrés présentant une belle souplesse, à l'attaque presque fondue. On sent qu'ils auraient certainement pu soutenir quelques années suplémentaires, mais le beau fruit noir s'affichait ici avec une si belle vigueur que j'aurais pas hésité à en ouvrir une autre. La rétro, sur de dominantes de chocolat noir un peu amer venait compléter cette expérience gustative de ce vin bien sec, très structuré et dense, mais qui cette fois-ci s'était présenté dans un gant de velour. 

Vous pouvez actuellement trouver le millésime 2008 sur les tablettes de la SAQ, mais je vous suggère également d'essayer leurs blancs qui valent franchement le détour.




samedi 22 mars 2014

Une rareté en Bourgogne: un pinot blanc

BACHELDER, LES BAS LIARDS, SAVIGNY-LES-BEAUNE 2011 (SAQ 12089567 - 34,50$) vin blanc sec


Dans le monde du vin, on en apprend tous les jours. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il est important de rester humble. Hier après-midi, j'ai vu passer sur facebook un "post" d'un ami compétiteur qui affichait son Savigny à 100% de pinot blanc. J'avoue que j'étais excité et dubitatif en même temps. Excité parce que je suis toujours curieux, j'aime découvrir des nouveaux vins. Dubitatif parce que j'avais jamais entendu parler d'un cépage blanc autre que le chardonnay, l'aligoté et le sauvignon blanc (appellation Saint-Bris) en Bourgogne.

Eh bien effectivement, après avoir consulté les gars de la SAQ Angrignon, qui ont été jusqu'à me sortir le décret (bravo les boys!), ce fut confirmé: le pinot blanc est autorisé dans l'appellation. J'en ai embarqué 3 bouteilles, tout d'un coup que ce serait bon... 

Le verdict: magnifique!

D'un jaune presque doré profond, ce pinot blanc bouguignon (ça fait encore drôle de le dire) présente d'emblée au nez des arômes reliés au bois: des notes grillées/toastées, de beurre. Ça évolue ensuite sur le miel. Il était beaucoup trop froid, mais comme je suis pas très patient j'ai tout de suite osé une gorgée... fermé. Il fallait se calmer, le laisser respirer et surtout tempérer. C'est là que le fruit s'est donné: de la poire, de la pomme jaune, des notes d'amandes. Puis le voyage olfactif s'est poursuivi sur une belle présence de pêche blanche pas tout à fait mure et une dominante de cire d'abeille. Bref, de la complexité plein le nez et plein la gueule. Parce qu'en bouche aussi ça évoluait: beaucoup de matière, un vin dense à l'acidité plus faible qu'un jeune chardonnay de la même région, mais à point pour assurer l'équilibre. Et surtout, cette minéralité si typiques des vins la région, bien au rendez-vous même sur un cépage différent. Un boisé présent mais somme toute bien intégré et une finale fraîche et pleine de volume.

Je rêvais alors (j'avais très faim mais ce n'est plus un argument dans mon cas...) d'un poulet au beurre indien, d'un risotto à la courge musquée ou encore d'une poitrine de dinde rôtie pour l'accompagner.

Myriam et moi l'avons pris à l'apéro, puis remis le bouchon et hop au frigo. Je le redéguste au moment d'écrire ceci et il n'a absolument rien perdu. Peut-être s'est-il même bonifié... Je vais coucher les deux autres pour 2-3 ans.

Je pouvais pas m'empêcher de lancer une petite flèche à la revue cellier qui affichait le cépage chardonnay, ils devaient être aussi incrédule que moi lorsqu'ils ont su qu'ils s'étaient gourrés! Je suis persuadé que ceux qui lisent assidûment cette revue aurait aimé que cette particularité soit soulevée. Ah oui, pis c'est 13% d'alcool, pas 12,5%...

Je ne pouvais terminer ce billet sans lever un verre à la mémoire d'un Grand Conseiller en vin de la SAQ qui nous a quitté hâtivement cette semaine, laissant un sentiment de consternation autour de lui. Yves Beauchemin, tu as été un de mes mentors dans le monde du vin. On a travaillé ensemble à la SAQ de l'Île-des-Soeurs et je t'ai côtoyé comme représentant par la suite. Je n'ai jamais rencontré pareille encyclopédie vivante, animé par la passion et l'histoire derrière l'étiquette. Il y en a pas assez des comme toi, d'une générosité et d'un dévouement hors pair. Merci pour toutes ces belles années Yves avec tes expressions préférées: "C'est ça le jeu", "la joke typique", "Cours d'un bord, cours de l'autre"... Merci!

La vie est courte et fragile, profitez-en!

Adam Drolet
adrolet@univins.ca
514-347-0245


mercredi 7 août 2013

Le Blanc du moment: Domaine Lafage Cuvée Centenaire

DOMAINE LAFAGE CUVÉE CENTENAIRE, CÔTES DU ROUSSILLON 2011 (SAQ 11397460 - 19,50$) vin blanc sec

Non l'été n'est pas fini et l'amateur de vin blanc que je suis trouve encore beaucoup de difficultés à apprécier les rouges plus corsés, même avec les grillades. Nous revoici donc en blanc avec la Cuvée Centenaire du Domaine Lafage. Centenaire, et comment! L'âge moyen des vignes est de 90 ans et plusieurs vignes ont plus de 100 ans. Oui oui, genre plantées aux alentours de la Première Guerre Mondiale. Les rendements sont faibles dans ce vignoble voisin des Pyrénées, on parle de 30hl par hectare. C'est sûr, les vieilles vignes produisent moins, mais la qualité, là... on en a beaucoup pour son dollar!

D'un jaune pâle soutenu aux reflets verdâtres, ce blanc affiche au nez des effluves minérales de pierre à fusil, de fleurs blanches, de poire et d'agrumes. Élaboré à partir de grenache gris et de grenache blanc principalement, l'assemblage est complété par la roussanne. La bouche est grasse bien qu'on n'utilise ici que 30% d'élevage en  fûts. C'est l'élevage sur lies fines et le bâtonnage (remuage des particules solides pour les remettre en suspension dans le liquide) qui extrait les arômes et confère au vin cette texture ample, sans masquer le vin avec des notes boisées. C'est le deuxième blanc de la région du Languedoc-Roussillon que je déguste sur ce millésime 2011 et à chaque fois la même conclusion m'est apparue de façon évidente: les vins sont équilibrés, sans chaleur d'alcool et avec une belle acidité, juste comme je les aime. Les mêmes arômes perçus au nez se poursuivent en bouche avec une dimension légèrement plus parfumée. Pour l'avoir fait déguster toute la journée, il gagne à respirer. La longueur en bouche, irréprochable.

C'est un vin versatile, appréciable autant en apéro qu'à table en mangeant. Les possibilités d'accords sont multiples: viandes blanches grillées, pieuvre à l'espagnole, brochette de gambas, paella, name it, c'est juste trop bon! 19 piastres pour du jus de raisins issus de vignes centenaires, on aime ça!

C'est bientôt la Foire aux vins français à la SAQ, pis entre nous, il devrait y avoir un 10% sur les vins du Languedoc-Roussillon vers la mi-septembre... juste de même.

vendredi 19 juillet 2013

Sancerre rosé: expression de pinot


LE RABAULT SANCERRE ROSÉ, JOSEPH MELLOT, 2012 (Importation Privée 27,05$) vin rosé sec

Ça fait un bail que j'ai pas pris le temps d'écrire un p'tit billet sur mon blogue et ironiquement, la dernière fois où j'ai écrit, je parlais d'un Sancerre. C'est pas un hasard, j'adore cette région pour sa polyvalence vinicole, la fraîcheur de ses vins et leur côté digeste. Du Sancerre rosé, ça court pas les rues, malheureusement. Non, c'est pas donné non plus. Seulement quand on commence à admettre qu'un rosé peut être haut de gamme, le prix n'a plus vraiment d'importance. C'est l'expérience qui prévaut. C'est à ce moment qu'on arrête de déboucher du jus. On se met à déboucher un moment, une expérience, un espace-temps où peu d'élus ont la chance de pouvoir en témoigner. Peu d'élus, c'est peu dire, on a reçu un maigre 60 bouteilles pour le Québec. Est-ce que la rareté peut contribuer à rehausser le plaisir qu'on ressent? Certainement! Malgré tout, je dois me retenir pour ne pas siffler le moment...

D'un rose pêche, mandarine, au nez qui rappelle la fraise fraîche, la pêche blanche et la clémentine, la trame aromatique se complète par des notes de roses et de confit de citron. Ce pinot noir à 100% est sec en bouche. La texture n'est pas grasse quoiqu'on s'étonne d'avoir autant de matière, comme si on mordait dans un fruit, nous laissant en bouche une sensation pulpeuse semblable à celle ressentie après avoir mangé un morceau de mangue. En rétro on a des arômes d'orange et de cantaloup avec une finale sur l'amande fraîche et sur la minéralité, typique des vins de cette magnifique région qu'est la Loire.

On va travailler fort pour qu'il arrive un jour à la SAQ et aux chanceux qui on été assez rapides pour sauter sur quelques fioles, une pensée pour vous mes chanceux! Pour les autres, ce n'est que partie remise!

À venir sous peu, résumé du dernier voyage en Italie avec le compte-rendu de la visite des 4 vignobles en 4 provinces italiennes. Ciao!




samedi 16 février 2013

Cuvée exceptionnelle de Sancerre

HENRI BOURGEOIS LA CÔTE DES MONTS DAMNÉS SANCERRE 2010 (SAQ 11395917 - 39,00$) vin blanc sec

C'est en 2008 que Jean-Marie Bourgeois nous faisait visiter son vignoble et ses chais. La première parcelle qu'il nous avait présentée était justement celle des Monts Damnés, ainsi baptisés parce qu'ils étaient si escarpés que leurs vendanges éprouvantes inspiraient sans doute plusieurs jurons bibliques...

Il va sans dire qu'aucune machine technologique peut à ce jour venir à bout de ces parcelles, qui sont donc vendangées entièrement manuellement. Le sol de marnes kimméridgiennes, composé d'argile et de coquillages contribue à donner à ses vins une qualité minérale exceptionnelle et unique. Ce fut jadis l'endroit où se trouvait une ancienne mer, ce qui explique les dépôts fossiles qu'on ramasse facilement simplement en se penchant.

Le sauvignon est un des cépages blanc les plus internationalisés. Mais nulle part ailleurs dans le monde retrouve-t-il cette minéralité si caractéristique que lui apporte le terroir de la Loire. On ne parle pas ici de maquillage, de levures ajoutées, de bois, rien de tout ça. C'est le résultat d'un sol, d'un sous-sol, d'un lieu géographique et de ses conditions météorologiques, puis du savoir-faire d'un homme d'exception, qui a le sauvignon dans le sang.

D'un visuel jaune très pâle presque blanc, aux reflets verts. Le nez où domine la minéralité, de pierre à fusil et de caillou humide. Les notes fruitées sont dominées par les agrumes, le fruit de la passion et la pomme jaune. On complète le bouquet pas une note végétale florale qui rappelle le muguet printanier. La bouche est séduisante et fraîche, dominée par la minéralité déjà dévoilée lors de l'analyse olfactive. Mon dieu que ça appelle les huîtres fraiches! On poursuit avec un petit côté pamplemousse jaune sans son excès d'acidité. C'est sec, sans être agressant. C'est même ciselé, droit, net, franc, d'une précision chirurgicale. L'empreinte du terroir, un flashback comme si je m'y retrouvais hier. Un équilibre sans faille et sans aucun doute un beau potentiel de garde (5-8 ans).

Du très Grand Sauvignon Blanc!

dispo à la SAQ Signature, reste une cinquantaine de bouteille...

lundi 4 février 2013

Soirée raclette chez Carl: inspiration Jura !






Y'a rien d'aussi plaisant qu'une petite escapade gourmande en terrain inconnu. C'est ce que Carl nous avait planifié en ce samedi de poudrerie. Nous avons fait une première halte à la fromagerie Fritz Kaiser, spécialiste du fromage à raclette. Les proprios achètent le lait des voisins pour en confectionner une multitude de fromages. Une douzaine de ceux-ci étaient offerts en dégustation, tous vendus à un prix dérisoire, si bien que ça donnait envie de faire des provisions. Nous n'y avons pas échappé. L'étape suivante était la boucherie artisanale allemande Frick. Des saucissons, au jambon fumé maison en passant par les moutardes allemandes et le pain de viande, rien ne laissait le visiteur indifférant. Rien non plus pour saigner le budget, on se demandait sérieusement s'il n'y avait pas une erreur à notre facture tellement c'était peu onéreux. De retour dans la voiture pour retrouver la maison où nous y attendait quelques fioles du Jura, nous avions vraiment l'impression d'avoir fait le coup du siècle. De bons fromages, des charcuteries artisanales, le tout produit ici, à Lacolle près de la frontière américaine, par des gens de passion qui encouragent l'économie locale.

Il nous paraissait intéressant de comparer deux vins du Jura issus du même cépage: le Savagnin. Dans le coin gauche, un côtes du Jura ouillé, non-disponible à la SAQ - j'imagine pour l'instant-, que Carl avait dans sa cave. Et dans le coin droit, non-ouillé celui-ci, notre premier et tout nouveau produit du Jura, un Arbois de Frédéric Lornet. Le ouillage est la méthode selon laquelle on compense l'évaporation naturelle du vin dans une barrique (la part des anges) en remplissant systématiquement celle-ci du même vin et ce, afin d'éviter l'oxydation de celui-ci. Une barrique pleine dont le liquide passe lentement mais sûrement par les fibres du chêne et crée un espace dans le haut de la barrique. Cet espace contribue à oxyder le liquide en surface et l'altère lentement, comme le ferait une pomme croquée qu'on laisserait sur le comptoir et qui brunirait. En remplissant la barrique de vin régulièrement, on minimise cette surface d'air et on empêche l'oxydation trop rapide.

FRUITIÈRE VINICOLE DU VOITEUR, CÔTES DU JURA 2009 (PRIX INCONNU) vin blanc sec


Jaune paille tirant vers des reflets dorés brillants, ce vin du Jura nous offre un nez de fruits jaunes, comme de pommes jaunes et de carambole, de cire d'abeille avec une touche florale discrète. Ce n'est pas exubérant, tout en finesse. La bouche est équilibrée avec comme arômes dominants les même fruits jaunes. Dotée d'une belle rondeur sans être grasse, la texture en bouche demeure assez limpide. La finale se conclue sur une légère amertume qui vient rafraîchir la bouche et coupe dans le gras des fromages à raclette. Fort bon et harmonieux! Faudra voir avec Carl comment et où se le procurer...

FRÉDÉRIC LORNET ARBOIS SAVAGNIN 2006 (SAQ 11794483 - 24,60$) vin blanc sec

Le visuel est doré et semble même un peu trouble sans toutefois manquer de brillance. Ce qui domine au premier nez c'est définitivement le côté oxydatif. Le vin n'étant pas ouillé, il commence à s'oxyder. Mais un voile de levures forme une carapace qui sert de capuchon au liquide et le protège peu à peu de l'air ambiant dans la barriques et lui permet de préserver une acidité tranchante. C'est le même principe d'élevage que le vin jaune. Le vin séjourne un minimum de trois ans dans ces barriques de 228 litres. En s'aérant - et je conseille de bien carafer ce vin pour en saisir toute la complexité - on découvre des arômes de pistaches et de curry indien. Sa texture est riche et onctueuse, mais son acidité à couper au couteau. La longueur en bouche est infatigable et l'accord avec la raclette un mariage parfait. C,est un blanc qui peut encore tenir la route pour plusieurs années et définitivement à revisiter.



















Merci Carl pour les belles découvertes et l'hospitalité!