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vendredi 18 avril 2014

La magie des Chambolle Musigny 2011


DOMAINE TAUPENOT-MERME CHAMBOLLE-MUSIGNY 2011 (SAQ 11984308 - 67,00$) vin rouge sec

DOMAINE TAUPENOT-MERME CHAMBOLLE-MUSIGNY 1ER CRU LA COMBE D'ORVEAU (SAQ 11816371 - 121,00$) vin rouge sec 

C'est devenu un rendez-vous annuel, la visite de Virginie Taupenot-Daniel. Toujours inspirante et passionnée, cette productrice est également présidente de l'association Femmes et Vins de Bourgogne. À chaque fois que j'ai la chance de faire la tournée du marché avec elle, j'en apprends. La Bourgogne est unique au monde et possède une variété de terroirs que seules les années de dégustation peuvent permettre d'apprivoiser. Pourtant, plus on en apprend, plus on se rend compte qu'en fait il nous en manque beaucoup. La Bourgogne, c'est une multitude d'émotions, de visages, d'états d'âme. Si l'an passé j'ai compris Morey-St-Denis, cette année, j'ai compris Chambolle-Musigny.

Le Chambolle-Musigny village présente un nez à dominante de poivre rose, de cerises, avec un côté minéral bien à l'avant-plan. Un fruit présenté avec beaucoup de générosité et des notes épicées lui conférant un voile d'exotisme. De tous les vins que nous a présenté Virginie sur son millésime 2011 (St-Romain, Chambolle-Musigny, Gevrey-Chambertin, Chambolle-Musigny 1er cru La Combe d'Orveau, Nuits-St-Georges 1er cru Les Pruliers), ce sont les Chambolle qui m'ont semblé offrir la prestation la plus complète. Appellation de finesse tannique, son appellation Village ne déçoit pas aux attentes: ça coule avec précision et minutie. Dès l'ouverture, c'est déjà tendre et accessible, malgré la jeunesse. 

"2011, ça donne des vins fins qui se donnent généreusement dès le début"
Virginie Taupenot-Daniel


On la sentait bien cette générosité sur le St-Romain 2011. On la remarquait même sur le Gevrey-Chambertin qui, d'habitude est plus austère en jeunesse. Un peu moins sur le Nuits-St-Georges qui m'a paru le plus fermé de la gamme, bien qu'il fût le préféré de plusieurs qui ont eu l'opportunité de le déguster au cours de sa visite. Je me suis surpris moi-même à préférer les Chambolle qui sur 2010 s'étaient bien présentés mais m'avaient semblé trop fermés et manquer la structure des Gevrey et des Morey.


Mais parlons du vin qui m'a scié les jambes: la Combe d'Orveau 2011, issu de vignes d'un âge moyen de 60 ans, d'une petite parcelle enclavée par les Musigny. Je m'étais fait des notes mentales de cette alliance de finesse et de complexité, mais comme une image vaut mille mots, imaginez mon visage avec le portrait suivant...

Anton Ego, le critique culinaire dans Ratatouille, le film animé pour enfants (... et adultes qui trippent bouffe comme moi!). Vous savez quand il prend sa première bouchée de ratatouille, ses yeux s'écarquillent, son visage ainsi que le reste de son corps se figent, il échappe son crayon puis, le flashback de son enfance... ben c'était moi, dans le backstore de la SAQ au coin de Pie IX et Ontario, sauf avec ma grosse face! Et comme j'étais pas assis comme Ego, mes genoux ont fléchi!
Ceux qui n'ont pas vu ce film, gâtez-vous!

Mais revenons au vin, parce que je n'ai toujours pas compris comment Virginie avait trouvé le moyen de concentrer autant de matière dans cette bouteille sans avoir l'ombre d'une fermeté de tannins. Au contraire, c'était de la dentelle, du crochet, un vrai travail d'artisan. Je n'ai même pas encore parlé d'arômes parce qu'encore sans mot devant cette oeuvre qui, 48 heures après son ouverture lors de notre soirée VIP à la SAQ Rockland, n'a pas bougée d'un iota. Frais comme la rosée du matin, de la poésie liquide.


Merci Virginie de prendre soin de ton terroir comme tu le fais. Des vins mémorables, vibrants, vivants et purs.

Adam Drolet
adrolet@univins.ca
514-347-0245







samedi 12 avril 2014

Un vin espagnol qui tient la route: Lan Crianza 2010

 LAN CRIANZA RIOJA 2010 (SAQ 741108 - 19,85$) vin rouge sec


Hier soir j'avais promis à Audrey, notre infographiste chez Univins, que je lui donnerais un bref descriptif pour ce vin espagnol, qu'on offrira en étalage aux succursales SAQ à l'automne prochain. Elle attendait après moi pour pouvoir finaliser son visuel des propositions et je l'ai complètement oubliée. En soirée, comme un gars vaillant qui apporte du boulot à la maison, j'ai ouvert la bouteille et me suis versé un verre dans le but d'en faire l'analyse et la description (je te le jure Audrey j'en avais vraiment l'intention...), mais j'ai chocké! Longue semaine ou peut-être lunch du vendredi qui s'est un peu trop étiré, je n'en sais trop, mais le vin est resté dans le verre intouché et j'ai remis le bouchon sur la bouteille. Je me sentais coupable (un peu quand même...) en me disant que je n'aurais probablement pas l'heure juste en le dégustant le lendemain. Mais je ne me sentais pas la force de finir le travail hier soir.

Puis après un 3 km de course au beau soleil ce matin, je me suis dit qu'il serait intéressant "d'ouvrir la cour" et de se faire un petit BBQ. Myriam revenait avec des steaks et c'est seulement là que je me suis rappelé du LAN crianza débouché un bon 20 heures plus tôt. "Ouais ben, here goes nothing!" pensais-je. Eh bien laissez moi vous dire que le vin était en pleine forme! Au point où je me suis dit (un peu pour me déculpabiliser) qu'il était même sans doute meilleur qu'il était hier!

D'un rubis bien brillant, au nez à la dominante de framboises, ce Rioja présentait aussi de beaux arômes de cuir, de réglisse avec une pointe de notes boisées bien intégrée. La bouche souple mais pleine, riche mais soyeuse, il offrait une belle structure facilement capable de supporter ce steak issu du BBQ célébrant la première terrasse de l'année 2014. 

Très heureux finalement de ne pas avoir fait d'overtime hier et d'avoir pu constater la solide tenue de route de ce Rioja... désolé Audrey!!

Cépage: 100% Tempranillo
Vieillissement: 12 mois en fûts


jeudi 10 avril 2014

Nouvel arrivage Cellier: Un merlot de Sonoma surprenant

BUENA VISTA MERLOT SONOMA 2010 (SAQ 12198667 - 22,70$) vin rouge sec
*le lien que je mets normalement vers le site SAQ.com n'est pas encore actif puisque le vin paraîtra en première dans la revue Cellier du 5 mai prochain.

Buena Vista Winery constitue la première winery premium de Californie, fondée en 1857 par l'autoproclamé "Count of Buena Vista". J'ai personnellement personnifié le Count l'an passé dans le cadre du salon annuel des vins de la Californie. Quel bonheur de relever ce défi lancé par mon VP Frank. Il faisait très chaud sous ce costume, mais l'important, c'est qu'on en a fait rire plusieurs!

Cette winery a été reprise tout récemment par le Groupe Boisset et nous avons l'opportunité de les représenter au Qc. Après une courte aventure de son pinot noir Carneros en exclusivité à la SAQ Dépôt puis un peu d'importation privée, voici que la SAQ nous a accordé une première référence de cette maison au potentiel certain. Peut-être pas celle à laquelle on s'attendais le plus, comme un pinot noir ou un chardo, mais bien un merlot de Sonoma. Je vous avoue que le choix du monopole n'aurait pas été le mien. J'ai dégusté plusieurs vins de la région de Sonoma et je ne me rappelle pas avoir dégusté un merlot que j'aurais racheté. Celui-ci m'a fait changé d'idée et m'a beaucoup surpris.

D'un rouge rubis d'intensité moyenne au pourtour violacé, ce vin californien dévoile des notes de cerises et de bleuets, de chocolat (je jure avoir eu un flashback des bleuets des pères trappistes, hummm...), ainsi qu'une touche florale rappelant le lilas et l'eucalyptus.

Beaucoup de fruits en bouche "trappist style", mais mon attention a été retenue par deux choses qui selon moi font que ce merlot se distingue de ceux que j'ai goûté avant. De un, le vin est sec. Je pousserais pas à dire qu'il est officiellement 4g/l de sucre ou moins, parce que j'ai pas l'info exacte, mais chose certaine, il y a quelqu'un qui a compris quelque chose dans la vinification. Deuxièmement, un taux d'alcool à 13,5%. Pas de lourdeur, pas sucré, d'une certaine finesse bref, atypique de tout ce que j'avais jusqu'ici dégusté. Les tannins sont souples, la fraîcheur est au rendez-vous et ne semble pas traficotée par de la réacidification. C'est clean sans être prétentieux et ça fait la job au delà des attentes. 

Y'a pas beaucoup de vins rouges américains à mon sens assez digestes pour être bus sans manger, même à l'apéro. C'en est un. Mais si vous désirez l'accompagner, présentez-lui donc une grillade de porc, un confit de canard ou encore une brochette de poulet style teriyaki.

Le 5 mai prochain, arrivage cellier, come get some!

samedi 5 avril 2014

La patience récompensée: un rouge des Marches

GAROFOLI GROSSO AGONTANO RISERVA 2007 (SAQ 905679 - 28,45$ millésime 2008 actuellement disponible) vin rouge sec

La maison Garofoli est surtout connue pour ses grands blancs de l'appellation Verdicchio dei Castelli di Jesi (DOCG), dont la qualité ne fait plus aucun doute et qui représentent plus de 60% de leur production. 
Ce grosso Agontano de l'appellation Conero (DOCG), dans les Marches, issu à 100% du cépage Montepulciano, que j'avais déjà dégusté à quelques reprises, m'avait toujours laissé perplexe. Je l'ai dégusté il y a deux ans, alors que je représentais la maison (ce qui n'est malheureusement plus le cas aujourd'hui). J'en venais toujours à la même conclusion: trop chaud en alcool, déséquilibré et au fruit masqué par l'alcool. J'avais beau carafer, rien à faire. J'ai donc décidé de ne pas m'acharner et d'oublier cette bouteille au cellier un certain temps. 
marche.png
C'est toujours un peu frustrant quand on s'achète une bonne bouteille et qu'on a l'impression de ne pas pouvoir en profiter pleinement, mais parfois, la patience sait récompenser celui qui a attendu... et ce fut le cas hier soir!

Sur un repas sans prétention: une pasta sauce tomate, ail et basilic, accompagnée de saucisses italiennes piquantes (en tout cas elles étaient supposées l'être mais je pense qu'on a pas la même définition de piquante le boucher et moi...) j'abordais donc cette bouteille avec aucune attente mais plutôt par défaut. Je n'avais rien d'Italien de moyenne gamme étant prêt à boire, fallait donc redonner une chance à celle-ci, qui couvait dans le cellier depuis 2 ans. Eh bien il en a valu la peine!




D'un rouge grenat d'intensité moyenne laissant poindre une touche d'évolution aux reflets tuilés, ce vin dévoile au nez des notes de prunes, de mûres sauvages et de raisins de corinthe. Quelle différence avec le même vin où j'avais l'impression de chercher le fruit! Viennent ensuite des parfums épicés, de menthe, de cannelle et de bâton de réglisse. Je note une belle présence de minéralité dans ce bouquet, de même que certaines notes plus évoluées, de cuir et de tabac. Humm, complexe à souhait! 
En bouche, beaucoup de matière, mais des tannins ficelés serrés présentant une belle souplesse, à l'attaque presque fondue. On sent qu'ils auraient certainement pu soutenir quelques années suplémentaires, mais le beau fruit noir s'affichait ici avec une si belle vigueur que j'aurais pas hésité à en ouvrir une autre. La rétro, sur de dominantes de chocolat noir un peu amer venait compléter cette expérience gustative de ce vin bien sec, très structuré et dense, mais qui cette fois-ci s'était présenté dans un gant de velour. 

Vous pouvez actuellement trouver le millésime 2008 sur les tablettes de la SAQ, mais je vous suggère également d'essayer leurs blancs qui valent franchement le détour.




lundi 21 janvier 2013

La Sicile s'invite à table...


FRAPPATO AZIENDA AGRICOLA COS 2011 SICILIA I.G.T (SAQ 11695004 - 24,90$) vin rouge sec

D'un beau rouge rubis presque sanglant, ce rouge de Sicile arbore une belle robe brillante, comme des canneberges fraîchement lavées. Le nez est très fruits rouges avec la fraises nettement en dominante, avec des notes poivrées et une touche végétale terreuse. Ça rappelle beaucoup les crus du Beaujolais, comme le Moulin-à-Vent. En fait, à l'aveugle, j'aurais vraiment opté pour un gamay haut de gamme. La bouche est bien fraîche et se présente avec beaucoup de souplesse. L'avalanche de fruits rouges se précise: fraises, petites cerises rouges et même canneberges. C'est très désaltérant et facile à boire, sans pour autant être un vin simple.

Bel accord avec le poulet aux pruneaux, tomates cerises et olives noires de ma blonde, à qui j'en profite pour souhaiter bonne fête!

Adam Drolet
adrolet@univins.ca
514.347.0245

dimanche 20 janvier 2013

Un trésor de Provence


CHÂTEAU PRADEAUX BANDOL 2000 (SAQ 851758 - 36,75$ millésime 2006 actuellement disponible à la SAQ) vin rouge sec

Cette bouteille m'avait été donnée par ma mère il y a plusieurs années, elle qui revenait d'un voyage en France. Elle m'avait dit d'oublier cette bouteille dans le fond de mon garde-robe qui me servait de cellier à l'époque. C'est ce que j'ai fait non sans difficulté, parfois c'est l'abondance dans la réserve de vin, mais parfois c'est la sécheresse. Plusieurs canons sont tombés au combat sans avoir eu la chance d'atteindre leur pleine maturité, mais le Château Pradeaux 2000 a su résister aux multiples réceptions des dernières années. Jusqu'à hier...

Ce vin est composé de mourvèdre à 95%. D'ailleurs l'appellation Badol exige un minimum de 50% de ce cépage qui jouit des conditions idéales pour arriver lentement à maturité dans ce coin de Provence. Le vignoble est orienté vers le sud et donc aussi vers la Méditerranée. Le vent marin contribue à tempérer l'air et ainsi empêcher les fruits de cuire au soleil. Les sols argileux permettent une rétention d'eau réduisant le stress hydrique des ceps. Bref, ce cépage venu d'Espagne a véritablement réussi à trouver sa niche parmi les cigales. On l'utilise aussi sous la même appellation pour en faire de délicieux rosés. J'en aurai d'ailleurs un à vous présenter ce printemps lors de la sortie des rosés de spécialité par la SAQ. Mais revenons à celui-ci en rouge, dont les 5% résiduels sont issus du Grenache.

Visuellement en jeunesse ce sont des vins très colorés et opaques, mais l'évolution de celui-ci lui amène de la brillance et des reflets un peu tuilés. Le nez est magnifique et très complexe. De plus il continue à évoluer au fur et à mesure que le vin s'ouvre. La palette aromatique est composée d'un bouquet d'herbes de Provence séchées, de pruneaux, de fenouil, de cuir frais, de tabac et de vieux balsamique. Il faut avoir goûté des vins évolués pour apprécier toute la puissance possible dans autant de finesse. De doux tannins complètement fondus, mais avec encore une belle acidité. Je vois mal comment ce vin pourrait encore se bonifier sans perdre ce fruit si mûr et tomber dans des arômes tertiaires. C'est soyeux et riche, comme une couverture en polar sur le bord du feu l'hiver. Cette texture veloutée en bouche est complètement renversante. On déguste, on ne parle plus, on tombe dans la lune. On se regarde tous, on sourit, on est bien. Le crescendo gustatif se termine sur une petite note cuite amère d'olives noires séchées au soleil.

Merci maman pour ce chef d'oeuvre. Merci Pascal et Mélissa pour ce super sanglier au cacao et aux porcini. Le match parfait pour récompenser la patience si souvent mise à l'épreuve qui nous a permis de déguster ce jus à son plein potentiel.

À quand le Bandol vendu en primeurs?

Adam Drolet
adrolet@univins.ca
514-347-0245


jeudi 17 janvier 2013

Le Languedoc abordable récidive

CHÂTEAU FONTANCHE SAINT-CHINIAN 2009 (SAQ 11096247 - 14,00$) vin rouge sec

Frédéric Lornet est surtout reconnu pour son beau travail dans la région du Jura et l'un de ses vins d'Arbois en Savagnin fera l'objet d'une prochaine chronique, mais voici le fruit de quelques parcelles du Languedoc, dans l'appellation Saint-Chinian. Le Languedoc est reconnu pour ses magnifiques rapports qualité/prix et nous en avons une fois de plus un exemple ici. On est sur un triple encépagement à la dominante de Grenache (70%), de Syrah (20%) et de Carignan (10%).

J'avais bien aimé son 2008 et je ne sais pas si c'est la journée difficile, mais j'ai approché cette bouteille avec un sens critique assez aiguisé. Je m'attendais vraiment pas à être impressionné, eh bien je suis tombé en bas de ma chaise.

D'un rubis assez intense au voile violacé, cette trouvaille offre au nez une dominante de fruits des champs bien mûrs qui évolue avec l'aération vers la prune, puis d'épices douces. Ça semblait prometteur mais c'est vraiment la texture qui m'a chaviré. C'est suave, riche, très rond et d'une concentration vraiment impressionnante pour un vin de ce prix-là. À l'aveugle, je n'aurais pas été gêné de payer 20$. C'est coulant et superbement réussi sur ce millésime 2009. Un vin équilibré, fier de son taux d'alcool plus que raisonnable (13%), surtout sur ce millésime. En finale, on se laisse sur un légère note mentholée, question de rafraîchir le tout.

En résumé, belle puissance, texture bien travaillée en foudre, respect de la fraîcheur et longueur appréciable en bouche. Tout y est! Probablement les 14$ vinicoles les mieux dépensés de 2013 en terme de ratio dollar/plaisir.

Son côté mûr et juteux et sa texture quasi grasse m'a immédiatement fait pensé à un morceau de confit de canard.

Je sais qu'il en reste une centaine de bouteilles à Pointe-aux-Trembles à l'heure d'écrire ces lignes, où Éric (conseiller en vin) se fera un plaisir de vous offrir un service courtois et professionnel en toute convivialité. Il est disponible du dimanche au jeudi.

Bonne chance à tous!

Adam Drolet
adrolet@univins.ca
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mardi 15 janvier 2013

Moitié Syrah, moitié Grenache

CHÂTEAU DU GRAND MOULAS CÔTES DU RHÔNE VILLAGE 2011 (SAQ 961169 - 15,95$) vin rouge sec

Mark Ryckwaert représente la 5e génération de cette famille de viticulteurs venue d'Afrique du Nord et qui s'est installée dans le Rhône vers les années 50-60. Dans les années 70, ce fût l'acquisition d'une terre boisée située en coteaux sur la commune d'Uchaux. Les premières vinifications ont eu lieu en 1978: ce sont les origines du jus dont il est question aujourd'hui.

Le domaine s'étend sur une trentaine d'hectares, 18ha en Grenache, 10ha en Syrah et 2ha en divers cépages blancs. Le vin qui nous concerne est élaboré à partir des deux cépages rouges du château, moitié Syrah et moitié Grenache. Ce sont des cépages emblématiques du sud de la France. La famille Ryckwaert pratique la vendange en vert ou vendange verte qui consiste à éliminer volontairement certaines grappes de raisins de manière à concentrer les arômes dans celles qu'on aura laissé sur le cep. Moins de quantité pour plus de qualité.

Visuellement, on est sur un rubis brillant de faible intensité, on se croirait presqu'en Bourgogne. Au nez, c'est autre chose. On perçoit des arômes de fruits rouges (cerise, framboise sauvage), de poivre blanc et d'olive noire. Les tannins fondus confèrent à la bouche beaucoup de souplesse. Le jus jouit d'une très belle fraîcheur.Les notes gustatives sont dominées par la fraise fraîche et le poivre. Quelque chose dans ce vin me rappelle agréablement les vins d'Anthony Carone, figure emblématique du vignoble québécois, c'est toutefois beaucoup moins opulent. Quoiqu'il en soit, j'imagine bien ce rouge avec des viandes blanche ou encore des charcuteries et des fromages. Un rouge à raclette quoi!

Voici un bel exemple de vin qualitatif qui ne saigne pas le budget...


Adam Drolet
adrolet@univins.ca
514-347-0245

mercredi 9 janvier 2013

Le Douro bientôt disponible

MARIA MANSA QUINTA DO NOVAL DOURO 2008 (SAQ 11903598 - 18,20$) vin rouge sec

L'appellation Douro DOC fait référence à la région portugaise bordant le fleuve du même nom. Ce fleuve coule depuis l'Espagne et se nomme là-bas Duero, d'où l'appellation Ribiera del Duero. Au Portugal, cette région est reconnue internationalement pour les vins Porto. Ces vins sont fortifiés par de l'alcool. Mais la région produit aussi, avec les mêmes cépages, des vins dits tranquilles, secs, comme celui que je vous présente aujourd'hui. La maison Quinta do Noval élabore des vins depuis 1715. En allant faire un tour sur leur site, vous serez accueillis par la vue splendide des vignobles en terrasses si caractéristiques de la vallée du Douro.

Le Maria Mansa est élaboré principalement à partir des cépages Tinta Roriz, Touriga Franca (ou Francesa) et Tinta Barroca. Le vin est élevé 12 mois, 50% en cuve d'inox et 50% en barriques françaises.

Ce vin possède une robe un peu plus que moyennement intense aux reflets violacés. Dominent au nez les arômes de fruits noirs (cerises noires, bleuets et mûres) et de chocolat noir. On retrouve en bouche une fraîcheur surprenante qui m'a immédiatement fait regarder sur la bouteille le taux d'alcool. Je m'explique: les vins issus de cette région quasi désertique sont souvent chaud en alcool, autant au nez qu'en bouche. Plus on a de chaleur, plus les vins ont tendance à être opulents en terme d'alcool. Il est d'ailleurs de plus en plus rare de retrouver des vins digestes, sans lourdeur d'alcool. À 13,5%, ça se prend très bien au repas. Revenons à la bouche: la masse tannique est plutôt dense mais enveloppée. C'est mûr, mais frais, ça glisse sans être mince.On est sur un fruité généreux sans être caricatural. Bref, ça ne manque ni de mâche, ni de complexité, ni d'équilibre. En ce beau mercredi de milieu de semaine, l'harmonie avec la poitrine de canard sauce aux canneberges a été... symphonique!

Ce produit a été acheté en Importation Privée, mais la SAQ l'a accepté comme produit de spécialité et il devrait sortir sous peu en première, pour un total de 400 cs de 6 bouteilles à moins de 20% et ce d'ici les prochaines semaines. Soyez à l'affût...

Merci aux vins d'Espagne et du Portugal qui aident notre portefeuille sans miner la qualité du jus qu'on boit en ce lendemain de période de Fêtes! D'ailleurs je vais m'efforcer de vous offrir un mois de janvier avec des produits en bas de 20$ car des bons vins, il y en a à tous les prix, suffit de chercher... ou de lire!

Adam Drolet
adrolet@univins.ca
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dimanche 23 décembre 2012

Quand Saint-Émilion Grand Cru rime avec gigot d'agneau du Québec





















CLOS BADON THUNEVIN SAINT-ÉMILION GRAND CRU 2009 (SAQ 11378471 - 43,75$) vin rouge sec

D'un beau rouge rubis intense dont les reflets trahissent la jeunesse, ce St-Émilion est composé de 50% de Merlot, 40% de Cabernet Franc et de 10% de Cabernet Sauvignon. Son vignoble situé entre les vignes de Pavie et de Larcisse Ducasse a été acheté en 1998 et l'élaboration du vin est le fruit du travail des mêmes personnages qui sont derrière Valandraud.

On connaît maintenant bien ce millésime 2009, mûr, charnu, déjà accessible en jeunesse mais dont la densité contribuera au potentiel de garde. Le vin qui nous intéresse ici n'en fait pas exception. Au nez, la mûre presque cuite, le boisé qui se présente sous des notes de cèdre et de toasté, un côté un peu mentholé et anisé, puis une dimension sous-bois, comme un mélange de terre humide et de feuilles mortes.

La bouche est pleine et juteuse, sur des tanins concentrés mais glissants. Les arômes de fruits noirs chauds dominent. Le boisé (18 mois de barriques neuves) contribue à donner à ce vin un style moderne et racoleur. C'est puissant et dense, mais gouleyant. Par contre, c'est un vin de gastronomie, ne pensez pas prendre ça tout seul, ce serait un peu lourdeau. Le gigot d'agneau aux herbes provençales a parfaitement dansé le tango avec ce nectar, mais vous pouvez y aller avec le shawarma ou encore une pièce de chevreuil. Le chevreuil aime le sapinage et la dimension boisé/cèdre de ce vin révèlera la symbiose recherchée en période de Fêtes.

Je vous souhaite à tous de merveilleux moments près de ceux qui vous sont chers. Profitez-en bien pour oser la bonne bouteille, c'est l'excuse parfaite!

Adam Drolet
adrolet@univins.ca
514.347.0245

lundi 8 octobre 2012

Un Morgon pour l'action de grâce




MORGON TERRES DORÉES JEAN-PAUL BRUN 2010 (SAQ 11589746 - 19,85$) vin rouge sec

L'action de Grâce, cette autre belle excuse pour manger plus que la faim nous le permet. Chez nous, la dinde était à l'honneur, comme tous les ans. On en mange à ce moment de l'année et aux Fêtes de Noël. Cuisiner ce gros oiseau pendant des heures, sur fond de feu de foyer, de musique classique et de convivialité, c'est un moment familial privilégié. La maison embaumée par les odeurs de cuisson et de fines herbes, les enfants qui courent partout, c'est ça le bonheur.

Parlant de bonheur, le voici en bouteille avec le Morgon de Jean-Paul brun. Le Québec a reçu un premier arrivage cet été et il n'en reste à peu près plus, mais on l'attend cependant d'ici un mois ou deux, juste à temps pour la dinde de Noël. L'appellation Morgon est une des principale appellation qualitative des crus du Beaujolais, avec Brouilly, Côte-de-Brouilly, Moulin-à-Vent, Fleurie, Juliénas, Saint-Amour, Chiroubles, Régnié et Chénas. L'appellation Morgon représente environ 1100 hectares de vignes reposant sur un sol granitique et schisteux.

Rubis clair, ce vin issu du cépage Gamay à 100% possède une très belle brillance. Au nez, on est bel et bien sur du gamay, mais aussi sur panorama de pinot noir. On parle ici de fruits rouges, comme la fraise fraîche et la cerise. On y retrouve de la cannelle qui rappelle les bonbons en forme de petits poissons rouges. La palette olfactive se termine sur des notes de poivre frais. En bouche, c'est bien frais et très souple. On est toujours sur les petits fruits rouges et les épices de Noël (cannelle et muscade). La finale des tannins est légèrement sablonneuse, me donnant raison d'en avoir couché une bouteille que je revisiterai dans 2-3 ans. Mais il est déjà excellent avec la dinde de l'action de grâce.

Jean-Paul Brun utilise seulement les levures aromatiques présentent naturellement pour élaborer ses vins. Je vous annonce également en primeur que son Fleurie a été retenu par la SAQ et fera son entrée sur les tablettes en 2013.

Bonne fin de long weekend à tous!

Adam Drolet
514.347.0245
adrolet@univins.ca

mercredi 3 octobre 2012

Un Châteauneuf-du-pape tout en finesse

DOMAINE DE NALYS CHÂTEAUNEUF-DU-PAPE 2009 (SAQ - 972653  31,50$) vin rouge sec


L'appellation fort connue qu'est celle de Châteauneuf-du-Pape autorise 13 cépages différents dans l'élaboration de ses vins. Si les cépages dominants que sont le Grenache et la Syrah n'ont plus besoin de présentation, plusieurs ignorent que 5 des 13 cépages sont en fait des cépages blancs. Les cépages autorisés sont sont: le Grenache, la Syrah, le Mourvèdre, le Cinsault, le Muscardin, le Vaccarèse, le Terret Noir, la Counoise,  la Roussanne, le Picpoul, le Bourboulenc, la Clairette et le Picardan.

Le Domaine de Nalys possède une cinquantaine d'hectares de vignes. Dans le cas du vin qui nous concerne, le Grenache et la Syrah dominent avec respectivement 60% et 25% de l'assemblage. Tous les autres cépages autorisés sont utilisés pour compléter cet assemblage, fait de plus en plus rare dans cette appellation. 

La robe affiche une belle couleur rubis, très brillante. Elle rappelle même visuellement un riche Bourgogne...

Au nez, quelle complexité! Framboise sauvage, cassis, prune rouge, réglisse, rose, pivoine, poivre, muscade, cuir.

La bouche est toute en finesse, sur des tannins bien ronds, sans lourdeur, sans chaleur d'alcool, très digeste, avec une finale légèrement balsamique. Le vin est prêt à boire après un très bref passage en carafe. C'est soft comme Châteauneuf, pour les amateurs de vins goûteux et fins à la fois. Très soyeux et peu d'acidité en finale, sans toutefois nuire à la longueur. La bouche est sur des arômes de fruits des champs mûrs, de prune rouge et d'épices. Gourmand, juteux, parfait pour les plats mijotés automnaux, ou les confits de canard.

Après le Vieux Lazaret à 29$, Le Domaine de Nalys est le Châteauneuf le plus abordable de la centaine de produits de la même appellation disponibles à la SAQ.

dimanche 26 août 2012

Visite du vignoble Carone dans Lanaudière


Ça faisait longtemps que j'en avais entendu parler, toujours en bien et ce, par plusieurs personnes dans le milieu du vin. Je suis très fier de nos produits nationaux; nos bières, nos fromages, nos fraises et nos bleuets n'ont rien à envier à ce qui se fait ailleurs. Nos cidres de glace et notre sirop d'érable sont reconnus mondialement. Mais notre vin, à cause de nos hivers rigoureux, sont loin d'accoter ce qui se fait ailleurs, même dans le reste du pays dans les vallées de l'Okanagan et du Niagara, régions qui jouissent de micro-climats exceptionnels.

Toujours est-il que j'étais très excité à l'idée de découvrir les produits du vignoble Carone. D'abord parce qu'Anthony et Sarah font les choses différemment. Un simple coup d'oeil à leur site internet met déjà la puce à l'oreille. Le branding est sobre, urbain et très efficace. Les labels sont épurés tout en étant riches et soignés. C'est nouveau dans tout ce que j'ai vu comme branding dans le vin. Nos cidres de glace sont forts en branding, La face cachée de la Pomme, Pinnacle ou encore Antolino Brongo sont des exemples de réussite de brand marketing. Mais dans le vin, les étiquettes drabes et sans saveur semblent vouloir se succéder. Rien pour encourager le développement d'une nouvelle clientèle. Jusqu'à ce que je tombe sur les étiquettes du vignoble Carone, élaborés avec classe par Sarah. Mais vous me direz qu'on ne boit pas des étiquettes mais bien du vin, alors parlons-en!

ROSSO CLASSICO CARONE 2010 (frontenac, landot noir, landal noir, cabernet severnyi) vendu à la propriété 15$

Vin moyennement corsé, au nez dominant de fruits des champs rouges et noirs. On perçoit en arrière plan des notes de roses anglaises et de muscade. La bouche est surprenante par sa rondeur et sa texture grasse. La dominante aromatique est la cerise kirschée. La fraîcheur contribue à donner à ce vin une longueur intéressante, à laquelle s'ajoute en finale une petite sucrosité. C'est leur vin d'entrée de gamme avec le BIN 33 et je vous jure qu'au moment où j'ai dégusté ce premier vin je me disais que s'il était annonciateur du reste de la dégustation, nous allions vraiment passer un excellent moment...


CARONE BIN 33 (100% frontenac) vendu à la proriété 18$ mais aussi disponible en SAQ dans une cinquantaine de succursales (SAQ 11004550 - 18,50$)


Premier nez, wow, c'est inusité, mais je perçoit au nez le noyau de pêche. Suivent des notes torréfiées mélangées au fruit rouge. Comme le vin précédent, la bouche est bien souple, avec des arômes dominants de fraises écrasées. Encore la même finale sucrée-acidulée. Quand la recette fonctionne...


VENICE PINOT NOIR CARONE 2010(85% pinot noir et 15% landot noir) vendu à la propriété 35$ mais aussi disponible en SAQ dans une dizaine de succursales (SAQ 11345258 - 36,00$ 

Seul producteur québécois à produire du Pinot Noir, c'est pas rien. En fait, je pensais même pas que ça existait ici et c'est personnellement mon coup de coeur de la dégustation. Beaucoup de fruits au nez, cerises et mûres, bois de santal et clou de girofle, la recette est bien à point. En bouche, aucune chaleur d'alcool (12,5%), c'est digeste, sans lourdeur et typique de la signature du producteur: frais et souple. C'est du vrai bonbon, quel beau travail!


VENICE CABERNET SERVERNYI - PINOT NOIR CARONE 2010 (75% pinot noir et 25% cabernet severnyi) vendu à la propriété 28$

Nez de fruits rouges, surtout framboise, ainsi que de cannelle. La bouche est plus tannique que le précédent pinot noir, mais toujours aussi souple et pleine de fruits rouges sauvages.


VENICE CABERNET SEVERNYI CARONE 2010 (90% cabernet severnyi 10% landot noir)vendu à la propriété 24$ et a déjà été présent en SAQ mais il ne reste qu'une bouteille à Baie-Comeau (!)  (SAQ11004488 - 24,60$)

Le cabernet severnyi est un cépage surtout planté en Russie et en Europe de l'Est et il donne ici un très beau résultat: le fruit domine au nez, la prune rouge et la framboise sauvage. On y ajoute un petit note végétale que j'ai eu de la difficulté à identifier (mon fils faisait une crise de bacon!!!). La bouche est encore plus texturée que le vin précédent, sur une finale légèrement boisée et fumée. 16 mois de fûts de chêne américain et français. Très bon!


DOUBLE BARREL ANTHONY CARONE 2009 (92% cabernet severnyi et 8% sangiovese) vendu à la propirété 55$ et en SAQ dans une vingtaine de succursales (SAQ 11506630 - 55,00$)

C'est la quintessence du domaine. On n'en produit que 1000 bouteilles annuellement. Le producteur utilise principalement du cabernet severnyi pour élaborer ce vin mais fait intéressant, on utilise ici des raisins de vendanges tardives pour ajouter de la masse tannique, de la concentration et de la complexité.  Le vin est mis en barriques américaines pendant 12 mois, puis transféré en barriques françaises pour un vieillissement total de 16 mois. Les arômes de fruits rouges et noirs s'unissent sur une trame végétale rappelant le céleri et le pied de plan de tomate. La finale est vanillée et même minérale, comme de graphite. La texture est riche et veloutée. J'en ai mis deux en cave pour le voir évoluer.



Anthony nous a fait visiter le chai et nous avons pris une marche dans les vignes. C'est un chic type, passionné comme pas un et généreux de son temps. Il nous a permis de faire d'une visite sympathique une visite extraordinaire.




 On nous a permis de pique-niquer  sur place avant de faire la dégustation, sur le bord des pieds de Nebbiolo nouvellement plantés cette année. On a même vu des ceps de Montepulciano d'Abbruzzo. Vraiment, plein de surprises et de découvertes, un accueil chaleureux et sympathique, un décor enchanteur, les ingrédients parfaits d'une journée magique.

Merci Sarah et Anthony pour la réception que vous nous avez faites, chapeau pour votre courage d'aller à contre-courant et félicitations pour le résultat délicieux que sont vos vins.

Bordeaux 2009

CHÂTEAU HAURA DENIS DUBOURDIEU GRAVES 2009 (SAQ 11546391 - 25,05$) vin rouge sec

Un Bordeaux comme on les aime en jeunesse, sur un millésime qui n'a plus besoin de présentation. C'est une reconduction de la SAQ sur le même millésime qui avait fait fureur en janvier passé. Il avait d'ailleurs été un des premier bordelais 2009 à atterrir  sur les tablettes de notre société d'État. Le nez est très racoleur, évoquant la mûre sauvage, le cèdre et la réglisse. Après 45 minutes de carafe, les tanins sont souples à l'attaque, affichant même un certain gras, puis la finale nous offre une matière un peu plus texturée, sans rugosité toutefois. On reconnaît là la concentration de ce millésime. La mûre se précise en bouche, tandis que la cerise noire, le café et la noix de coco s'ajoutent pour compléter la palette aromatique de cette très abordable découverte bordelaise. Très bien fait!

60% Cabernet Sauvignon   40% Merlot
12 mois de barriques dont 1/3 neuves.

Adam Drolet
adrolet@univins.ca
514.347.0245

dimanche 22 juillet 2012

Beronia Gran Reserva 2001: La Rioja frappe encore!


BERONIA GRAN RESERVA RIOJA 2001 (SAQ 11688550 - 30,50$) vin rouge sec


Si vous fouillez dans mes récentes chroniques, vous trouverez les notes de dégustation de la version reserva du même vin. Celui-ci, le Gran reserva 2001 sortait jeudi passé dans les SAQ Sélection, dans le cadre d'un nouvel arrivage de 24 vins du Top 100 du magazine Wine Spectator. Le rapport qualité/prix du reserva 2006 m'avais beaucoup étonné. Eh bien me revoici émerveillé. Le seul hic: les quantités. En 24 heures, la distribution du produit a fondu de 50 à 34 succursales et rien n'est dit qu'il en restera d'ici la fin de la semaine prochaine. Je me permet quand même de vous en faire part, parce que de retrouver autant de complexité d'arômes et d'évolution dans son verre au fur et à mesure que le vin s'aère, c'est tellement satisfaisant.

Au moment de verser le jus dans mon verre, j'ai tout de suite reconnu un vin évolué. D'une couleur grenat intense, on perçoit quelques reflets couleur brique. Je plonge rapidement mon nez dans le verre et c'est ma première surprise. Le vin est relativement fermé, on perçoit une chaleur d'alcool bien présente avec des notes fumées boisées (le vin passe quand même 30 mois en barriques de trois ans d'âge), suivi de notes balsamiques assez intenses. Un vin encore bien jeune me dis-je!

Puis j'agite, je replonge et tranquillement, le fruit de dévoile: de la prune, de la framboise sauvage, de la mûre. Puis des épices, comme la muscade, la cannelle, ensuite la réglisse, le café, le chocolat et l'aneth (bien présent). Ahhh! quel plaisir.

En bouche, belle présence concentrée de matière tannique à la texture souple à l'attaque et un peu granuleuse en finale, un autre signe que le vin est encore jeune. Suis-je bien en train de boire un vin qui possède 11 ans d'âge??? Il est bel et bien loin d'être à son plein potentiel. La fiche technique de la SAQ fait mention d'un potentiel de bonification jusqu'en 2022, alors que celle fournie par mon ami Pascal sur le site du Wine Spectator parle plutôt de 2015. Je ne vois certainement pas comment le vin peut pleinement se bonifier d'ici trois ans, il a encore beaucoup trop de tannins serrés capables de s'assouplir et une évolution en verre qui ne cesse d'afficher des personnalités différentes tout au long de son processus d'oxygénation. Je pense qu'un horizon de 2020 serait judicieux, le vin aura alors 19 ans, c'est fou!

Profitons du prix de ces vins pendant qu'il en est encore temps, parce que quelqu'un quelque part va finir par allumer qu'on est mort de rire!!

Bon steak les amis!

mercredi 16 mai 2012

Salon des vins du Chianti Classico 2012: Felsina

C'est par une journée chaude que se tenait le Salon du Chianti Classico dans la petite salle au marché Bonsecour. Petite salle mais non mois lumineuse que celle qui fait le plus souvent office de lieu de rencontre pour les salons de vins, au même deuxième étage. Nous avons bénéficié d'un super service et bien que je ne me suis jamais rendu au buffet, les mouettes semblaient satisfaites.

Parlons rapidement de quelques points de repère sur l'appellation Chianti Classico. C'est une DOCG, c'est à dire Denominazione di Origine Controllata e Garantita, la plus haute certification de vins en Italie et ce, depuis 1984. On retrouve un symbole de coq noir dans un cercle rouge sur chacune des bouteilles de façon obligatoire depuis 2005. Le vin doit, selon le cahier de chartes, contenir un minimum de 80% de Sangiovese. On a un maximum de 4g/l de sucre, donc on parle d'un vin sec. Finalement, la mention Riserva inscrite sur la bouteille implique un minimum de 24 mois de vieillissement incluant au mois 3 mois en bouteille avant la commercialisation.

Nous avions l'honneur d'avoir à notre kiosque M. Giovanni Poggiali, un des trois frères qui s'occupent principalement du domaine. Ce domaine a été acquis par Dominic Poggiali Fèlsina en 1966. Giovanni est de la troisième génération de propriétaires. Tous les vins de ce domaines sont en mono-cépage: le Sangiovese, cépage roi de la Toscane.

Ses vins ont tous la même signature: souplesse, finesse, complexité. Ce sont des vins de terroir équilibrés. Voici un rapport qualité/prix dont l'arrivage est prévu pour fin août/début septembre.



BERARDENGA FELSINA CHIANTI CLASSICO 2009 (SAQ 898122 - 25,35$ millésime 2008 actuellement disponible) vin rouge sec


Ce vin était présenté en primeur aux participants du salon, car c'est le millésime qui trouvera son chemin sur les tablettes de la SAQ vers la rentrée des classes... si rentrée il y a. Un beau nez de fruits rouges et noirs, de cassis, de framboise et de mûre, de réglisse, de moka et de violette. La bouche est dotée d'une belle acidité, supérieure à celle du précédent millésime 2008, aussi en dégustation à notre kiosque. Affichant beaucoup de souplesse pour sa jeunesse, la texture des tannins est bien ficelée mais trahit aussi un potentiel de garde intéressant. Le fruit frais est mis de l'avant, sans chaleur d'alcool. À boire maintenant ou à conserver pour 5 à 8 ans.