Affichage des articles dont le libellé est Bon rapport qualité/prix. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Bon rapport qualité/prix. Afficher tous les articles

jeudi 17 janvier 2013

Le Languedoc abordable récidive

CHÂTEAU FONTANCHE SAINT-CHINIAN 2009 (SAQ 11096247 - 14,00$) vin rouge sec

Frédéric Lornet est surtout reconnu pour son beau travail dans la région du Jura et l'un de ses vins d'Arbois en Savagnin fera l'objet d'une prochaine chronique, mais voici le fruit de quelques parcelles du Languedoc, dans l'appellation Saint-Chinian. Le Languedoc est reconnu pour ses magnifiques rapports qualité/prix et nous en avons une fois de plus un exemple ici. On est sur un triple encépagement à la dominante de Grenache (70%), de Syrah (20%) et de Carignan (10%).

J'avais bien aimé son 2008 et je ne sais pas si c'est la journée difficile, mais j'ai approché cette bouteille avec un sens critique assez aiguisé. Je m'attendais vraiment pas à être impressionné, eh bien je suis tombé en bas de ma chaise.

D'un rubis assez intense au voile violacé, cette trouvaille offre au nez une dominante de fruits des champs bien mûrs qui évolue avec l'aération vers la prune, puis d'épices douces. Ça semblait prometteur mais c'est vraiment la texture qui m'a chaviré. C'est suave, riche, très rond et d'une concentration vraiment impressionnante pour un vin de ce prix-là. À l'aveugle, je n'aurais pas été gêné de payer 20$. C'est coulant et superbement réussi sur ce millésime 2009. Un vin équilibré, fier de son taux d'alcool plus que raisonnable (13%), surtout sur ce millésime. En finale, on se laisse sur un légère note mentholée, question de rafraîchir le tout.

En résumé, belle puissance, texture bien travaillée en foudre, respect de la fraîcheur et longueur appréciable en bouche. Tout y est! Probablement les 14$ vinicoles les mieux dépensés de 2013 en terme de ratio dollar/plaisir.

Son côté mûr et juteux et sa texture quasi grasse m'a immédiatement fait pensé à un morceau de confit de canard.

Je sais qu'il en reste une centaine de bouteilles à Pointe-aux-Trembles à l'heure d'écrire ces lignes, où Éric (conseiller en vin) se fera un plaisir de vous offrir un service courtois et professionnel en toute convivialité. Il est disponible du dimanche au jeudi.

Bonne chance à tous!

Adam Drolet
adrolet@univins.ca
514.347.0245

mardi 15 janvier 2013

Moitié Syrah, moitié Grenache

CHÂTEAU DU GRAND MOULAS CÔTES DU RHÔNE VILLAGE 2011 (SAQ 961169 - 15,95$) vin rouge sec

Mark Ryckwaert représente la 5e génération de cette famille de viticulteurs venue d'Afrique du Nord et qui s'est installée dans le Rhône vers les années 50-60. Dans les années 70, ce fût l'acquisition d'une terre boisée située en coteaux sur la commune d'Uchaux. Les premières vinifications ont eu lieu en 1978: ce sont les origines du jus dont il est question aujourd'hui.

Le domaine s'étend sur une trentaine d'hectares, 18ha en Grenache, 10ha en Syrah et 2ha en divers cépages blancs. Le vin qui nous concerne est élaboré à partir des deux cépages rouges du château, moitié Syrah et moitié Grenache. Ce sont des cépages emblématiques du sud de la France. La famille Ryckwaert pratique la vendange en vert ou vendange verte qui consiste à éliminer volontairement certaines grappes de raisins de manière à concentrer les arômes dans celles qu'on aura laissé sur le cep. Moins de quantité pour plus de qualité.

Visuellement, on est sur un rubis brillant de faible intensité, on se croirait presqu'en Bourgogne. Au nez, c'est autre chose. On perçoit des arômes de fruits rouges (cerise, framboise sauvage), de poivre blanc et d'olive noire. Les tannins fondus confèrent à la bouche beaucoup de souplesse. Le jus jouit d'une très belle fraîcheur.Les notes gustatives sont dominées par la fraise fraîche et le poivre. Quelque chose dans ce vin me rappelle agréablement les vins d'Anthony Carone, figure emblématique du vignoble québécois, c'est toutefois beaucoup moins opulent. Quoiqu'il en soit, j'imagine bien ce rouge avec des viandes blanche ou encore des charcuteries et des fromages. Un rouge à raclette quoi!

Voici un bel exemple de vin qualitatif qui ne saigne pas le budget...


Adam Drolet
adrolet@univins.ca
514-347-0245

mercredi 9 janvier 2013

Le Douro bientôt disponible

MARIA MANSA QUINTA DO NOVAL DOURO 2008 (SAQ 11903598 - 18,20$) vin rouge sec

L'appellation Douro DOC fait référence à la région portugaise bordant le fleuve du même nom. Ce fleuve coule depuis l'Espagne et se nomme là-bas Duero, d'où l'appellation Ribiera del Duero. Au Portugal, cette région est reconnue internationalement pour les vins Porto. Ces vins sont fortifiés par de l'alcool. Mais la région produit aussi, avec les mêmes cépages, des vins dits tranquilles, secs, comme celui que je vous présente aujourd'hui. La maison Quinta do Noval élabore des vins depuis 1715. En allant faire un tour sur leur site, vous serez accueillis par la vue splendide des vignobles en terrasses si caractéristiques de la vallée du Douro.

Le Maria Mansa est élaboré principalement à partir des cépages Tinta Roriz, Touriga Franca (ou Francesa) et Tinta Barroca. Le vin est élevé 12 mois, 50% en cuve d'inox et 50% en barriques françaises.

Ce vin possède une robe un peu plus que moyennement intense aux reflets violacés. Dominent au nez les arômes de fruits noirs (cerises noires, bleuets et mûres) et de chocolat noir. On retrouve en bouche une fraîcheur surprenante qui m'a immédiatement fait regarder sur la bouteille le taux d'alcool. Je m'explique: les vins issus de cette région quasi désertique sont souvent chaud en alcool, autant au nez qu'en bouche. Plus on a de chaleur, plus les vins ont tendance à être opulents en terme d'alcool. Il est d'ailleurs de plus en plus rare de retrouver des vins digestes, sans lourdeur d'alcool. À 13,5%, ça se prend très bien au repas. Revenons à la bouche: la masse tannique est plutôt dense mais enveloppée. C'est mûr, mais frais, ça glisse sans être mince.On est sur un fruité généreux sans être caricatural. Bref, ça ne manque ni de mâche, ni de complexité, ni d'équilibre. En ce beau mercredi de milieu de semaine, l'harmonie avec la poitrine de canard sauce aux canneberges a été... symphonique!

Ce produit a été acheté en Importation Privée, mais la SAQ l'a accepté comme produit de spécialité et il devrait sortir sous peu en première, pour un total de 400 cs de 6 bouteilles à moins de 20% et ce d'ici les prochaines semaines. Soyez à l'affût...

Merci aux vins d'Espagne et du Portugal qui aident notre portefeuille sans miner la qualité du jus qu'on boit en ce lendemain de période de Fêtes! D'ailleurs je vais m'efforcer de vous offrir un mois de janvier avec des produits en bas de 20$ car des bons vins, il y en a à tous les prix, suffit de chercher... ou de lire!

Adam Drolet
adrolet@univins.ca
514.347.0245


samedi 29 décembre 2012

Un doux nectar du temps des Fêtes




CHÂTEAU DOISY-DAËNE SAUTERNES 2002 (SAQ 11777624 - 37,50$) vin liquoreux

Petit historique du produit et du producteur tiré du site de ce dernier:

Le Château Doisy-Daëne, Second Cru Classé en 1855, situé à Barsac dans l'appellation Sauternes, est dans la famille Dubourdieu depuis 1924.

Reconstitué pour l'essentiel dans les années 50 à 60, le vignoble de Doisy-Daëne est âgé de plus de 40 ans. Sa surface est actuellement de 18,2 ha. Etabli à 7000 ceps par hectare, il associe le Sémillon (86 %), le Sauvignon (14 %).


Exclusivement entretenu par les labours traditionnels, le sol de notre vignoble ne reçoit  aucun herbicide.

Les fumures organiques sont à base de composts végétaux.
Ebourgeonnages, palissages, effeuillages sont effectués à la main avec un soin méticuleux. 


Nous nous engageons dans un processus d’abandon de l’usage des pesticides de synthèse chimique sur l’ensemble de nos vignobles. 

Sur le terroir de Barsac, Doisy-Daëne produit à la fois un grand vin de Sauternes et un Bordeaux blanc sec racé et très original, le Grand Vin Sec du Château Doisy-Daëne.

Dans les grands millésimes, Doisy-Daëne produit la célèbre et rare cuvée L’Extravagant, d'une richesse inégalée. Lire ici que pour le millésime 2002 qui nous concerne et qui était atroce dans le bordelais ainsi que dans bien d'autres endroits en Europe dont la Toscane, les liquoreux bordelais ont jouit d'un millésime exceptionnel. D'ailleurs, l'Extravagant de ce millésime est actuellement disponible à la SAQ Signature à 222$ la demi-bouteille!


Denis Dubourdieu est à la fois un scientifique et un praticien de la vigne et du vin. Agronome de formation, Professeur d'Œnologie à l'Université de Bordeaux depuis 1987, il a développé ses activités de recherche dans le domaine des levures, des arômes et des colloïdes. Il est considéré comme l'un des meilleurs spécialistes de la vinification et de l'élevage des vins blancs.


Maintenant dégustons:

Le principe de la pourriture noble est la suivante: c'est un champignon, le botrytis cinerea, qui attaque le fruit et le draine entre autres de son eau. Ce champignon, pour se développer, a besoin d'un haut taux d'humidité ambiante, comme tous les champignons. Le millésime 2002 étant très, très pluvieux, explique les conditions gagnantes pour l'obtention d'un beau millésime de liquoreux dans le bordelais. Le fruit perdant son eau à cause du champignon, concentre ses arômes, son sucre, mais aussi son acidité. C'est ce qui explique que ces vins doux sont équilibrés, leur acidité étant au rendez-vous.

Nous nous offrons donc ici un vin issu à 80% du cépage sémillon et à 20% du sauvignon blanc. C'est un vin doux de 10 ans d'âge, mais qui tient encore tout à fait la route et le fera pour plusieurs années (d'ailleurs le 1991 a été commercialisé par la SAQ en 2012, ça vous donne une idée!). Son acidité est encore bien persistante en bouche. Additionnée à la texture sirupeuse, l'acidité et le sucre résiduel contribuent à donner à ce nectar une longueur sans fin en bouche. Les arômes de miel et de cire d'abeille, de confit d'orange et de poire cuite, ajoutés à la minéralité du vin, lui confèrent une complexité sublime.

L'accord classique invite le foie gras à table, mais seul, pris tranquillement un après-midi de congé à regarder les flocons tomber par la fenêtre, ça le fait totalement.

Je n'arrive toujours pas à m'expliquer le prix de détail à la SAQ de ce produit. Le 2006 est 59$ et le 2007 à 42$ la demi-bouteille??? vous savez quoi faire...

Bonne et heureuse année à toutes et à tous et SANTÉ!

Adam Drolet
adrolet@univins.ca
514.347.0245



lundi 8 octobre 2012

Un Morgon pour l'action de grâce




MORGON TERRES DORÉES JEAN-PAUL BRUN 2010 (SAQ 11589746 - 19,85$) vin rouge sec

L'action de Grâce, cette autre belle excuse pour manger plus que la faim nous le permet. Chez nous, la dinde était à l'honneur, comme tous les ans. On en mange à ce moment de l'année et aux Fêtes de Noël. Cuisiner ce gros oiseau pendant des heures, sur fond de feu de foyer, de musique classique et de convivialité, c'est un moment familial privilégié. La maison embaumée par les odeurs de cuisson et de fines herbes, les enfants qui courent partout, c'est ça le bonheur.

Parlant de bonheur, le voici en bouteille avec le Morgon de Jean-Paul brun. Le Québec a reçu un premier arrivage cet été et il n'en reste à peu près plus, mais on l'attend cependant d'ici un mois ou deux, juste à temps pour la dinde de Noël. L'appellation Morgon est une des principale appellation qualitative des crus du Beaujolais, avec Brouilly, Côte-de-Brouilly, Moulin-à-Vent, Fleurie, Juliénas, Saint-Amour, Chiroubles, Régnié et Chénas. L'appellation Morgon représente environ 1100 hectares de vignes reposant sur un sol granitique et schisteux.

Rubis clair, ce vin issu du cépage Gamay à 100% possède une très belle brillance. Au nez, on est bel et bien sur du gamay, mais aussi sur panorama de pinot noir. On parle ici de fruits rouges, comme la fraise fraîche et la cerise. On y retrouve de la cannelle qui rappelle les bonbons en forme de petits poissons rouges. La palette olfactive se termine sur des notes de poivre frais. En bouche, c'est bien frais et très souple. On est toujours sur les petits fruits rouges et les épices de Noël (cannelle et muscade). La finale des tannins est légèrement sablonneuse, me donnant raison d'en avoir couché une bouteille que je revisiterai dans 2-3 ans. Mais il est déjà excellent avec la dinde de l'action de grâce.

Jean-Paul Brun utilise seulement les levures aromatiques présentent naturellement pour élaborer ses vins. Je vous annonce également en primeur que son Fleurie a été retenu par la SAQ et fera son entrée sur les tablettes en 2013.

Bonne fin de long weekend à tous!

Adam Drolet
514.347.0245
adrolet@univins.ca

mercredi 3 octobre 2012

Un Châteauneuf-du-pape tout en finesse

DOMAINE DE NALYS CHÂTEAUNEUF-DU-PAPE 2009 (SAQ - 972653  31,50$) vin rouge sec


L'appellation fort connue qu'est celle de Châteauneuf-du-Pape autorise 13 cépages différents dans l'élaboration de ses vins. Si les cépages dominants que sont le Grenache et la Syrah n'ont plus besoin de présentation, plusieurs ignorent que 5 des 13 cépages sont en fait des cépages blancs. Les cépages autorisés sont sont: le Grenache, la Syrah, le Mourvèdre, le Cinsault, le Muscardin, le Vaccarèse, le Terret Noir, la Counoise,  la Roussanne, le Picpoul, le Bourboulenc, la Clairette et le Picardan.

Le Domaine de Nalys possède une cinquantaine d'hectares de vignes. Dans le cas du vin qui nous concerne, le Grenache et la Syrah dominent avec respectivement 60% et 25% de l'assemblage. Tous les autres cépages autorisés sont utilisés pour compléter cet assemblage, fait de plus en plus rare dans cette appellation. 

La robe affiche une belle couleur rubis, très brillante. Elle rappelle même visuellement un riche Bourgogne...

Au nez, quelle complexité! Framboise sauvage, cassis, prune rouge, réglisse, rose, pivoine, poivre, muscade, cuir.

La bouche est toute en finesse, sur des tannins bien ronds, sans lourdeur, sans chaleur d'alcool, très digeste, avec une finale légèrement balsamique. Le vin est prêt à boire après un très bref passage en carafe. C'est soft comme Châteauneuf, pour les amateurs de vins goûteux et fins à la fois. Très soyeux et peu d'acidité en finale, sans toutefois nuire à la longueur. La bouche est sur des arômes de fruits des champs mûrs, de prune rouge et d'épices. Gourmand, juteux, parfait pour les plats mijotés automnaux, ou les confits de canard.

Après le Vieux Lazaret à 29$, Le Domaine de Nalys est le Châteauneuf le plus abordable de la centaine de produits de la même appellation disponibles à la SAQ.

dimanche 26 août 2012

Bordeaux 2009

CHÂTEAU HAURA DENIS DUBOURDIEU GRAVES 2009 (SAQ 11546391 - 25,05$) vin rouge sec

Un Bordeaux comme on les aime en jeunesse, sur un millésime qui n'a plus besoin de présentation. C'est une reconduction de la SAQ sur le même millésime qui avait fait fureur en janvier passé. Il avait d'ailleurs été un des premier bordelais 2009 à atterrir  sur les tablettes de notre société d'État. Le nez est très racoleur, évoquant la mûre sauvage, le cèdre et la réglisse. Après 45 minutes de carafe, les tanins sont souples à l'attaque, affichant même un certain gras, puis la finale nous offre une matière un peu plus texturée, sans rugosité toutefois. On reconnaît là la concentration de ce millésime. La mûre se précise en bouche, tandis que la cerise noire, le café et la noix de coco s'ajoutent pour compléter la palette aromatique de cette très abordable découverte bordelaise. Très bien fait!

60% Cabernet Sauvignon   40% Merlot
12 mois de barriques dont 1/3 neuves.

Adam Drolet
adrolet@univins.ca
514.347.0245

dimanche 22 juillet 2012

Beronia Gran Reserva 2001: La Rioja frappe encore!


BERONIA GRAN RESERVA RIOJA 2001 (SAQ 11688550 - 30,50$) vin rouge sec


Si vous fouillez dans mes récentes chroniques, vous trouverez les notes de dégustation de la version reserva du même vin. Celui-ci, le Gran reserva 2001 sortait jeudi passé dans les SAQ Sélection, dans le cadre d'un nouvel arrivage de 24 vins du Top 100 du magazine Wine Spectator. Le rapport qualité/prix du reserva 2006 m'avais beaucoup étonné. Eh bien me revoici émerveillé. Le seul hic: les quantités. En 24 heures, la distribution du produit a fondu de 50 à 34 succursales et rien n'est dit qu'il en restera d'ici la fin de la semaine prochaine. Je me permet quand même de vous en faire part, parce que de retrouver autant de complexité d'arômes et d'évolution dans son verre au fur et à mesure que le vin s'aère, c'est tellement satisfaisant.

Au moment de verser le jus dans mon verre, j'ai tout de suite reconnu un vin évolué. D'une couleur grenat intense, on perçoit quelques reflets couleur brique. Je plonge rapidement mon nez dans le verre et c'est ma première surprise. Le vin est relativement fermé, on perçoit une chaleur d'alcool bien présente avec des notes fumées boisées (le vin passe quand même 30 mois en barriques de trois ans d'âge), suivi de notes balsamiques assez intenses. Un vin encore bien jeune me dis-je!

Puis j'agite, je replonge et tranquillement, le fruit de dévoile: de la prune, de la framboise sauvage, de la mûre. Puis des épices, comme la muscade, la cannelle, ensuite la réglisse, le café, le chocolat et l'aneth (bien présent). Ahhh! quel plaisir.

En bouche, belle présence concentrée de matière tannique à la texture souple à l'attaque et un peu granuleuse en finale, un autre signe que le vin est encore jeune. Suis-je bien en train de boire un vin qui possède 11 ans d'âge??? Il est bel et bien loin d'être à son plein potentiel. La fiche technique de la SAQ fait mention d'un potentiel de bonification jusqu'en 2022, alors que celle fournie par mon ami Pascal sur le site du Wine Spectator parle plutôt de 2015. Je ne vois certainement pas comment le vin peut pleinement se bonifier d'ici trois ans, il a encore beaucoup trop de tannins serrés capables de s'assouplir et une évolution en verre qui ne cesse d'afficher des personnalités différentes tout au long de son processus d'oxygénation. Je pense qu'un horizon de 2020 serait judicieux, le vin aura alors 19 ans, c'est fou!

Profitons du prix de ces vins pendant qu'il en est encore temps, parce que quelqu'un quelque part va finir par allumer qu'on est mort de rire!!

Bon steak les amis!

mercredi 16 mai 2012

Salon des vins du Chianti Classico 2012: Felsina

C'est par une journée chaude que se tenait le Salon du Chianti Classico dans la petite salle au marché Bonsecour. Petite salle mais non mois lumineuse que celle qui fait le plus souvent office de lieu de rencontre pour les salons de vins, au même deuxième étage. Nous avons bénéficié d'un super service et bien que je ne me suis jamais rendu au buffet, les mouettes semblaient satisfaites.

Parlons rapidement de quelques points de repère sur l'appellation Chianti Classico. C'est une DOCG, c'est à dire Denominazione di Origine Controllata e Garantita, la plus haute certification de vins en Italie et ce, depuis 1984. On retrouve un symbole de coq noir dans un cercle rouge sur chacune des bouteilles de façon obligatoire depuis 2005. Le vin doit, selon le cahier de chartes, contenir un minimum de 80% de Sangiovese. On a un maximum de 4g/l de sucre, donc on parle d'un vin sec. Finalement, la mention Riserva inscrite sur la bouteille implique un minimum de 24 mois de vieillissement incluant au mois 3 mois en bouteille avant la commercialisation.

Nous avions l'honneur d'avoir à notre kiosque M. Giovanni Poggiali, un des trois frères qui s'occupent principalement du domaine. Ce domaine a été acquis par Dominic Poggiali Fèlsina en 1966. Giovanni est de la troisième génération de propriétaires. Tous les vins de ce domaines sont en mono-cépage: le Sangiovese, cépage roi de la Toscane.

Ses vins ont tous la même signature: souplesse, finesse, complexité. Ce sont des vins de terroir équilibrés. Voici un rapport qualité/prix dont l'arrivage est prévu pour fin août/début septembre.



BERARDENGA FELSINA CHIANTI CLASSICO 2009 (SAQ 898122 - 25,35$ millésime 2008 actuellement disponible) vin rouge sec


Ce vin était présenté en primeur aux participants du salon, car c'est le millésime qui trouvera son chemin sur les tablettes de la SAQ vers la rentrée des classes... si rentrée il y a. Un beau nez de fruits rouges et noirs, de cassis, de framboise et de mûre, de réglisse, de moka et de violette. La bouche est dotée d'une belle acidité, supérieure à celle du précédent millésime 2008, aussi en dégustation à notre kiosque. Affichant beaucoup de souplesse pour sa jeunesse, la texture des tannins est bien ficelée mais trahit aussi un potentiel de garde intéressant. Le fruit frais est mis de l'avant, sans chaleur d'alcool. À boire maintenant ou à conserver pour 5 à 8 ans.

mercredi 11 avril 2012

La plénitude des Bourgogne 2009 version Taupenot-Merme

SAINT-ROMAIN DOMAINE TAUPENOT-MERME 2009 (SAQ 11094866 - 33,25$) vin rouge sec


2009, ce millésime toujours opulent en France, nous permet actuellement d'apprécier les vins de Bourgognes. Dans un millésime où tant la qualité que la quantité furent au rendez-vous, la Bourgogne nous offre des vins concentrés, mûrs et déjà appréciables malgré leur jeunesse. C'est vers la fin de l'été et au début de l'automne que les bordeaux 2009 inonderont les tablettes de la SAQ, mais avec un printemps qui semblait précoce avant de se faire attendre, le rouge digeste demeure de mise. Calmons nous et laissons les rosés tranquilles encore un peu. C'est donc sans conteste que je vous présente ce beau pari à 33$, qui a un potentiel de garde de 8 à 10 ans.

Le domaine Taupenot-Merme est situé à Morey Saint Denis et est opéré depuis 7 générations par la même famille. Le domaine possède 20 appellations sur 13 ha de vignes en Côte de Nuits et en Côte de Beaune, donc nul besoin de spécifier que vous n'êtes pas des millions à avoir l'opportunité d'y goûter. C'est souvent dans un phénomène de rareté qu'on réalise à quel point on doit se faire un devoir d'apprécier. Tous ceux qui ont rencontré Virginie, viticultrice et propriétaire du domaine, sont tombés sous le charme de sa passion pour ses produits. Il importe de mentionner que très peu de femmes sont viticultrice et c'est encore plus vrai en Bourgogne.

Le vin affiche une belle concentration pour un pinot. Les reflets pourpre-violacés trahissent sa jeunesse, mais sa densité promet. On y retrouve des notes enivrantes de cerises mûres et de muscade. Le jus bénéficie d'un élevage en fût dont 25% neufs et on le sent en bouche par l'assouplissement des tannins. Ils sont biens présents mais arrondis et souples. Le vin est encore assez "d'un bloc" mais déjà accessible avec beaucoup de fruit et de matière. La bouche est soutenue et la finale légèrement épicée.

Un vin de garde déjà bon, sur une grillade de viande blanche... en acheter un seul exemplaire ça peut devenir déchirant.

Adam Drolet
adrolet@univins.ca
514.347.0245

mercredi 25 janvier 2012

Kenwood et son pinot noir

PINOT NOIR KENWOOD RUSSIAN RIVER VALLEY 2010 (SAQ 10947935 - 17,85$) vin rouge sec


Qu'on se le dise: amateurs de pinot noir, c'est une aubaine. La région de Russian River en Californie est reconnue pour ses pinots noirs et ses chardonnays, curieusement, comme l'est la Bourgogne. Fait également intéressant, c'est le seul produits actuellement offert à la SAQ provenant de cette région sous la barre des 20$. Le prix sur le prochain arrivage est supposé augmenter d'au moins 1$, mais celui-ci est encore ridiculement bas pour une qualité de pinot comme celle-là. On est sur un nez qui me rappelle à la fois la confiture aux fraises de ma grand-mère, constituée de fraises cuites dans un sirop épais mais encore liquide, ainsi que l'odeur des plants de framboises derrière la remise chez elle, où ma soeur et moi nous battions contre égratignures et abeilles pour des framboises qui ne se rendaient que très rarement plus loin que nos estomacs respectifs. Ce bouquet de fruits des champs en verre jouit d'un bref passage en barriques de 11 mois dont seulement 33% de fûts neufs, ne laissant ainsi aucun goût de vanille ou d'effet toasté. Un belle fraîcheur en plus, rien de mou ni de caricatural des vins lourds et chauds de la Californie. Un jus simple, frais et plein de fruit. Enjoy sur un steak de thon au sésame.

dimanche 18 décembre 2011

Une perle du Liban

CHÂTEAU KHOURY SYMPHONIE VALLÉE DE LA BEKAA 2006 (SAQ 11607561 - 19,60$) vin rouge sec


Quand on tombe sur une bombe qui constitue un excellent rapport qualité/prix, on a toujours la satisfaction d'avoir en quelque sorte déjoué le système. Quand on paie 20$ pour un vin, on veut en avoir pour 20$. Mais quel bonheur lorsqu'à l'occasion on fait connaissance avec un vin à 20$ pour lequel on obtient beaucoup, beaucoup plus. C'est exactement le cas avec ce petit bijou libanais. 



Le Liban à travers les âges, de par sa position géographique a acquis une histoire viticole riche et complexe. La culture de la vigne et le vin y ont toujours eu leur place. Depuis l’époque phénicienne, le commerce du vin avec l’Egypte a existé. Les Romains célébrèrent le vin en dédiant au dieu Bacchus un temple dont les vestiges subsistent à Baalbek. Jusqu’à l‘époque chrétienne, les Noces de Canaa témoignent de la notoriété du Liban viticole.

Château Khoury bénéficie d’une situation privilégiée sur les contreforts Est de la montagne libanaise (le Mont Liban) à une altitude comprise entre 1200 et 1300 m d’altitude.  Les premières vignes de raisin de cuve ont été plantées en 1995. La surface du vignoble est actuellement de 13 ha. La construction de la cave a démarré en 2002 et a été terminée pour accueillir les premières vinifications de 2004.

Le Symphonie est fait d'un assemblage de cépages bordelais (Cabernet Sauvignon, Merlot et Cabernet Franc) ainsi que d'un cépage méditerranéen: la syrah. Le visuel nous offre une robe rubis foncé et nous révèle d'emblée la concentration du vin. Le nez est très complexe: framboises et mûres, réglisse, chocolat noir, épices légères et cuir frais, le tout sur une finale mentholée ou eucalyptus. Wow! 20$ vraiment!?! Voyons si ça se concrétise en bouche...

Les tannins sont riches et enrobés, assez serrés quand même mais veloutés. Le fruit est bien mûr mais balancé par une très belle acidité. On parle quand même d'un 2006, donc un vin de 5 ans d'âge et qui en principe, s'il n'avait pas été de qualité, aurait pu afficher une certaine perte de fraîcheur... pas du tout. Une surprenante puissance et complexité aromatique, une belle longueur et une belle intégration du boisé (12 à 18 mois de barriques). 

À titre comparatif, j'ai récemment ouvert une autre bouteille de Phélan Ségur du même millésime 2006. J'aimerais bien les déguster côte-à-côte parce que je les considère pas mal équivalent. Le seul hic, c'est que le Phélan Ségur a été acheté à 50$...

Conclusion: Château Khoury, un excellent bordeaux... libanais!

PS: Solide sur le gigot d'agneau au BBQ accompagné de son couscous, mémorable!

vendredi 9 septembre 2011

Un aligoté bien équilibré

BOURGOGNE ALIGOTÉ TAUPENOT-MERME 2008 (SAQ 919175 - 17,75$) vin blanc sec


Je pensais avoir mangé ma dernière salade de l'été avant ce soir. Mais force est d'admettre qu'il reste encore plusieurs belles journées chaudes à l'horizon, la salade grecque était donc à l'honneur, accompagnée de ce superbe aligoté. Souvent injustement considéré comme un vin simplet par plusieurs, trop "wimpy" par d'autres, l'aligoté bien fait tient la route et joue sur la finesse et l'élégance. Il faut cependant bien doser l'acidité et l'amertume. En voici un bel exemple dans cet aligoté de la maison Taupenot-Merme, dont tous les vins ont une signature de finesse. Visuellement, il m'est apparût un peu plus foncé que d'autres aligotés, tirant sur un jaune paille brillant. Le parfum de fleurs blanches dominait et en bouche, une très belle texture. Pas grasse, simplement un sentiment légèrement enrobant en bouche, lui conférant une intéressante longueur pour cette appellation. Il faut rappeler que c'est une caractéristique du millésime 2008 en Bourgogne blanc, qui donne des vins un peu plus texturés. En bouche, c'est tranchant avec des arômes dominants de citrons jaune et vert. Belle amertume en finale qui cadrait bien avec la roquette et le fêta grec de la salade. Frais et équilibré, comme on les aime!

mercredi 7 septembre 2011

Le Douro dans un excellent rapport qualité-prix

QUINTA DO CÔTTO DOURO 2008 (SAQ 882712 - 16,35$) vin rouge


Je sais, mes billets sur le voyage en Italie se font encore attendre, mais soyez sans crainte car tout vient à point à qui sait attendre. Parlant d'en attendant, voici donc une belle petite découverte à un prix fait pour la rentrée (il faut comprendre que vacances terminées = budget amputé!). La vallée du Douro est d'emblée reconnue pour son panorama, son Porto, mais de plus en plus de vins portugais de qualité traversent l'Atlantique. Plusieurs portugais me disent que le bon jus, ils le gardent chez eux. Ben voilà une belle bouteille abordable qui saura accompagner à merveille une brochette d'agneau au romarin au BBQ. Pour ceux qui commencent à trouver qu'il se fait tard pour un BBQ, sachez que le mien reste ouvert 12 mois par année, parce que même s'il faut le déterrer de 2 pieds de neige, ça vaut la peine. Revenons au nectar: celui-ci nous offre un rubis d'une bonne intensité aux reflets violacés qui témoignent de sa jeunesse. On a vraiment besoin d'une carafe ici pour apprécier toute la complexité qu'il a à nous offrir. Ça passe par du fruit noir (cerises noires, pruneau), par les épices (poivre et herbes de Provence), le tabac et la mine de crayon. La première bouche est vive, puis les tannins se mettent en place. Ils sont charmeurs et ce, bien qu'ils se terminent par une certaine rugosité. On y retrouve une concentration fort intéressante et le fruit noir domine en bouche. La semaine prochaine, je serai au mini-salon des nouveaux arrivages et j'aurai quelques belles découvertes à partager. À suivre...