mercredi 3 octobre 2012

Un Châteauneuf-du-pape tout en finesse

DOMAINE DE NALYS CHÂTEAUNEUF-DU-PAPE 2009 (SAQ - 972653  31,50$) vin rouge sec


L'appellation fort connue qu'est celle de Châteauneuf-du-Pape autorise 13 cépages différents dans l'élaboration de ses vins. Si les cépages dominants que sont le Grenache et la Syrah n'ont plus besoin de présentation, plusieurs ignorent que 5 des 13 cépages sont en fait des cépages blancs. Les cépages autorisés sont sont: le Grenache, la Syrah, le Mourvèdre, le Cinsault, le Muscardin, le Vaccarèse, le Terret Noir, la Counoise,  la Roussanne, le Picpoul, le Bourboulenc, la Clairette et le Picardan.

Le Domaine de Nalys possède une cinquantaine d'hectares de vignes. Dans le cas du vin qui nous concerne, le Grenache et la Syrah dominent avec respectivement 60% et 25% de l'assemblage. Tous les autres cépages autorisés sont utilisés pour compléter cet assemblage, fait de plus en plus rare dans cette appellation. 

La robe affiche une belle couleur rubis, très brillante. Elle rappelle même visuellement un riche Bourgogne...

Au nez, quelle complexité! Framboise sauvage, cassis, prune rouge, réglisse, rose, pivoine, poivre, muscade, cuir.

La bouche est toute en finesse, sur des tannins bien ronds, sans lourdeur, sans chaleur d'alcool, très digeste, avec une finale légèrement balsamique. Le vin est prêt à boire après un très bref passage en carafe. C'est soft comme Châteauneuf, pour les amateurs de vins goûteux et fins à la fois. Très soyeux et peu d'acidité en finale, sans toutefois nuire à la longueur. La bouche est sur des arômes de fruits des champs mûrs, de prune rouge et d'épices. Gourmand, juteux, parfait pour les plats mijotés automnaux, ou les confits de canard.

Après le Vieux Lazaret à 29$, Le Domaine de Nalys est le Châteauneuf le plus abordable de la centaine de produits de la même appellation disponibles à la SAQ.

dimanche 23 septembre 2012

Albarino, un cépage méconnu


SANTIAGO RUIZ O ROSAL, RIAS BAIXAS 2010 (importation privée environ 27$) vin blanc sec

L'Albarino est un cépage blanc cultivé principalement en Galice dans l'appellation Rias Baixas du côté espagnol et dans l'appellation Vinho Verde du côté portugais (on parle alors d'Alvarinho). C'est un cépage blanc possédant beaucoup de fraîcheur et de belles qualités aromatiques. Je connaissait bien les vinho verde, c'est seulement cette année que j'ai découvert l'appellation rias baixas. Ça tombe bien, la région est collée sur l'Atlantique et ses vins se marient à merveille avec les produits de la mer. Le vin présenté aujourd'hui est constitué de ce cépage à 70%, la balance complétée par pas moins de 4 autres cépages indigènes qu'on retrouve aussi au Portugal.
La robe est jaune pâle avec des reflets presque verdâtres.Au nez, on découvre des arômes d'ananas frais, de melon de miel, de fleurs sauvages et de miel. C'est invitant et exotique, laissant présager une certaine sucrosité, mais il n'en est rien en bouche. Dès le départ, ce qui frappe, c'est qu'elle est bien balancée. Juste ce qu'il faut de rondeur pour un vin non boisé. Les notes d'agrumes et plus précisément de citron vert dominent la palette aromatique en bouche. La finale acide/amère a tout ce qu'il faut et en subtilité pour procurer un côté bien rafraîchissant. À l'aération, on y retrouve des notes de noix fraîches. Finalement, dimension intéressante, le vin possède un côté salin fort intéressant à marier avec les huîtres. C'est la saison qui commence, voici une appellation de plus à ajouter à vos options d'accords avec les huîtres, tout à fait succulent. À noter que ce vin non-disponible actuellement fera sa grande entrée à la SAQ en produit de spécialité en 2013, je vous tiens au courant car l'expérience est plus que concluante.

Adam Drolet
adrolet@univins.ca
514.347.0245

dimanche 26 août 2012

Visite du vignoble Carone dans Lanaudière


Ça faisait longtemps que j'en avais entendu parler, toujours en bien et ce, par plusieurs personnes dans le milieu du vin. Je suis très fier de nos produits nationaux; nos bières, nos fromages, nos fraises et nos bleuets n'ont rien à envier à ce qui se fait ailleurs. Nos cidres de glace et notre sirop d'érable sont reconnus mondialement. Mais notre vin, à cause de nos hivers rigoureux, sont loin d'accoter ce qui se fait ailleurs, même dans le reste du pays dans les vallées de l'Okanagan et du Niagara, régions qui jouissent de micro-climats exceptionnels.

Toujours est-il que j'étais très excité à l'idée de découvrir les produits du vignoble Carone. D'abord parce qu'Anthony et Sarah font les choses différemment. Un simple coup d'oeil à leur site internet met déjà la puce à l'oreille. Le branding est sobre, urbain et très efficace. Les labels sont épurés tout en étant riches et soignés. C'est nouveau dans tout ce que j'ai vu comme branding dans le vin. Nos cidres de glace sont forts en branding, La face cachée de la Pomme, Pinnacle ou encore Antolino Brongo sont des exemples de réussite de brand marketing. Mais dans le vin, les étiquettes drabes et sans saveur semblent vouloir se succéder. Rien pour encourager le développement d'une nouvelle clientèle. Jusqu'à ce que je tombe sur les étiquettes du vignoble Carone, élaborés avec classe par Sarah. Mais vous me direz qu'on ne boit pas des étiquettes mais bien du vin, alors parlons-en!

ROSSO CLASSICO CARONE 2010 (frontenac, landot noir, landal noir, cabernet severnyi) vendu à la propriété 15$

Vin moyennement corsé, au nez dominant de fruits des champs rouges et noirs. On perçoit en arrière plan des notes de roses anglaises et de muscade. La bouche est surprenante par sa rondeur et sa texture grasse. La dominante aromatique est la cerise kirschée. La fraîcheur contribue à donner à ce vin une longueur intéressante, à laquelle s'ajoute en finale une petite sucrosité. C'est leur vin d'entrée de gamme avec le BIN 33 et je vous jure qu'au moment où j'ai dégusté ce premier vin je me disais que s'il était annonciateur du reste de la dégustation, nous allions vraiment passer un excellent moment...


CARONE BIN 33 (100% frontenac) vendu à la proriété 18$ mais aussi disponible en SAQ dans une cinquantaine de succursales (SAQ 11004550 - 18,50$)


Premier nez, wow, c'est inusité, mais je perçoit au nez le noyau de pêche. Suivent des notes torréfiées mélangées au fruit rouge. Comme le vin précédent, la bouche est bien souple, avec des arômes dominants de fraises écrasées. Encore la même finale sucrée-acidulée. Quand la recette fonctionne...


VENICE PINOT NOIR CARONE 2010(85% pinot noir et 15% landot noir) vendu à la propriété 35$ mais aussi disponible en SAQ dans une dizaine de succursales (SAQ 11345258 - 36,00$ 

Seul producteur québécois à produire du Pinot Noir, c'est pas rien. En fait, je pensais même pas que ça existait ici et c'est personnellement mon coup de coeur de la dégustation. Beaucoup de fruits au nez, cerises et mûres, bois de santal et clou de girofle, la recette est bien à point. En bouche, aucune chaleur d'alcool (12,5%), c'est digeste, sans lourdeur et typique de la signature du producteur: frais et souple. C'est du vrai bonbon, quel beau travail!


VENICE CABERNET SERVERNYI - PINOT NOIR CARONE 2010 (75% pinot noir et 25% cabernet severnyi) vendu à la propriété 28$

Nez de fruits rouges, surtout framboise, ainsi que de cannelle. La bouche est plus tannique que le précédent pinot noir, mais toujours aussi souple et pleine de fruits rouges sauvages.


VENICE CABERNET SEVERNYI CARONE 2010 (90% cabernet severnyi 10% landot noir)vendu à la propriété 24$ et a déjà été présent en SAQ mais il ne reste qu'une bouteille à Baie-Comeau (!)  (SAQ11004488 - 24,60$)

Le cabernet severnyi est un cépage surtout planté en Russie et en Europe de l'Est et il donne ici un très beau résultat: le fruit domine au nez, la prune rouge et la framboise sauvage. On y ajoute un petit note végétale que j'ai eu de la difficulté à identifier (mon fils faisait une crise de bacon!!!). La bouche est encore plus texturée que le vin précédent, sur une finale légèrement boisée et fumée. 16 mois de fûts de chêne américain et français. Très bon!


DOUBLE BARREL ANTHONY CARONE 2009 (92% cabernet severnyi et 8% sangiovese) vendu à la propirété 55$ et en SAQ dans une vingtaine de succursales (SAQ 11506630 - 55,00$)

C'est la quintessence du domaine. On n'en produit que 1000 bouteilles annuellement. Le producteur utilise principalement du cabernet severnyi pour élaborer ce vin mais fait intéressant, on utilise ici des raisins de vendanges tardives pour ajouter de la masse tannique, de la concentration et de la complexité.  Le vin est mis en barriques américaines pendant 12 mois, puis transféré en barriques françaises pour un vieillissement total de 16 mois. Les arômes de fruits rouges et noirs s'unissent sur une trame végétale rappelant le céleri et le pied de plan de tomate. La finale est vanillée et même minérale, comme de graphite. La texture est riche et veloutée. J'en ai mis deux en cave pour le voir évoluer.



Anthony nous a fait visiter le chai et nous avons pris une marche dans les vignes. C'est un chic type, passionné comme pas un et généreux de son temps. Il nous a permis de faire d'une visite sympathique une visite extraordinaire.




 On nous a permis de pique-niquer  sur place avant de faire la dégustation, sur le bord des pieds de Nebbiolo nouvellement plantés cette année. On a même vu des ceps de Montepulciano d'Abbruzzo. Vraiment, plein de surprises et de découvertes, un accueil chaleureux et sympathique, un décor enchanteur, les ingrédients parfaits d'une journée magique.

Merci Sarah et Anthony pour la réception que vous nous avez faites, chapeau pour votre courage d'aller à contre-courant et félicitations pour le résultat délicieux que sont vos vins.

Bordeaux 2009

CHÂTEAU HAURA DENIS DUBOURDIEU GRAVES 2009 (SAQ 11546391 - 25,05$) vin rouge sec

Un Bordeaux comme on les aime en jeunesse, sur un millésime qui n'a plus besoin de présentation. C'est une reconduction de la SAQ sur le même millésime qui avait fait fureur en janvier passé. Il avait d'ailleurs été un des premier bordelais 2009 à atterrir  sur les tablettes de notre société d'État. Le nez est très racoleur, évoquant la mûre sauvage, le cèdre et la réglisse. Après 45 minutes de carafe, les tanins sont souples à l'attaque, affichant même un certain gras, puis la finale nous offre une matière un peu plus texturée, sans rugosité toutefois. On reconnaît là la concentration de ce millésime. La mûre se précise en bouche, tandis que la cerise noire, le café et la noix de coco s'ajoutent pour compléter la palette aromatique de cette très abordable découverte bordelaise. Très bien fait!

60% Cabernet Sauvignon   40% Merlot
12 mois de barriques dont 1/3 neuves.

Adam Drolet
adrolet@univins.ca
514.347.0245

dimanche 22 juillet 2012

Beronia Gran Reserva 2001: La Rioja frappe encore!


BERONIA GRAN RESERVA RIOJA 2001 (SAQ 11688550 - 30,50$) vin rouge sec


Si vous fouillez dans mes récentes chroniques, vous trouverez les notes de dégustation de la version reserva du même vin. Celui-ci, le Gran reserva 2001 sortait jeudi passé dans les SAQ Sélection, dans le cadre d'un nouvel arrivage de 24 vins du Top 100 du magazine Wine Spectator. Le rapport qualité/prix du reserva 2006 m'avais beaucoup étonné. Eh bien me revoici émerveillé. Le seul hic: les quantités. En 24 heures, la distribution du produit a fondu de 50 à 34 succursales et rien n'est dit qu'il en restera d'ici la fin de la semaine prochaine. Je me permet quand même de vous en faire part, parce que de retrouver autant de complexité d'arômes et d'évolution dans son verre au fur et à mesure que le vin s'aère, c'est tellement satisfaisant.

Au moment de verser le jus dans mon verre, j'ai tout de suite reconnu un vin évolué. D'une couleur grenat intense, on perçoit quelques reflets couleur brique. Je plonge rapidement mon nez dans le verre et c'est ma première surprise. Le vin est relativement fermé, on perçoit une chaleur d'alcool bien présente avec des notes fumées boisées (le vin passe quand même 30 mois en barriques de trois ans d'âge), suivi de notes balsamiques assez intenses. Un vin encore bien jeune me dis-je!

Puis j'agite, je replonge et tranquillement, le fruit de dévoile: de la prune, de la framboise sauvage, de la mûre. Puis des épices, comme la muscade, la cannelle, ensuite la réglisse, le café, le chocolat et l'aneth (bien présent). Ahhh! quel plaisir.

En bouche, belle présence concentrée de matière tannique à la texture souple à l'attaque et un peu granuleuse en finale, un autre signe que le vin est encore jeune. Suis-je bien en train de boire un vin qui possède 11 ans d'âge??? Il est bel et bien loin d'être à son plein potentiel. La fiche technique de la SAQ fait mention d'un potentiel de bonification jusqu'en 2022, alors que celle fournie par mon ami Pascal sur le site du Wine Spectator parle plutôt de 2015. Je ne vois certainement pas comment le vin peut pleinement se bonifier d'ici trois ans, il a encore beaucoup trop de tannins serrés capables de s'assouplir et une évolution en verre qui ne cesse d'afficher des personnalités différentes tout au long de son processus d'oxygénation. Je pense qu'un horizon de 2020 serait judicieux, le vin aura alors 19 ans, c'est fou!

Profitons du prix de ces vins pendant qu'il en est encore temps, parce que quelqu'un quelque part va finir par allumer qu'on est mort de rire!!

Bon steak les amis!