samedi 12 avril 2014

Un vin espagnol qui tient la route: Lan Crianza 2010

 LAN CRIANZA RIOJA 2010 (SAQ 741108 - 19,85$) vin rouge sec


Hier soir j'avais promis à Audrey, notre infographiste chez Univins, que je lui donnerais un bref descriptif pour ce vin espagnol, qu'on offrira en étalage aux succursales SAQ à l'automne prochain. Elle attendait après moi pour pouvoir finaliser son visuel des propositions et je l'ai complètement oubliée. En soirée, comme un gars vaillant qui apporte du boulot à la maison, j'ai ouvert la bouteille et me suis versé un verre dans le but d'en faire l'analyse et la description (je te le jure Audrey j'en avais vraiment l'intention...), mais j'ai chocké! Longue semaine ou peut-être lunch du vendredi qui s'est un peu trop étiré, je n'en sais trop, mais le vin est resté dans le verre intouché et j'ai remis le bouchon sur la bouteille. Je me sentais coupable (un peu quand même...) en me disant que je n'aurais probablement pas l'heure juste en le dégustant le lendemain. Mais je ne me sentais pas la force de finir le travail hier soir.

Puis après un 3 km de course au beau soleil ce matin, je me suis dit qu'il serait intéressant "d'ouvrir la cour" et de se faire un petit BBQ. Myriam revenait avec des steaks et c'est seulement là que je me suis rappelé du LAN crianza débouché un bon 20 heures plus tôt. "Ouais ben, here goes nothing!" pensais-je. Eh bien laissez moi vous dire que le vin était en pleine forme! Au point où je me suis dit (un peu pour me déculpabiliser) qu'il était même sans doute meilleur qu'il était hier!

D'un rubis bien brillant, au nez à la dominante de framboises, ce Rioja présentait aussi de beaux arômes de cuir, de réglisse avec une pointe de notes boisées bien intégrée. La bouche souple mais pleine, riche mais soyeuse, il offrait une belle structure facilement capable de supporter ce steak issu du BBQ célébrant la première terrasse de l'année 2014. 

Très heureux finalement de ne pas avoir fait d'overtime hier et d'avoir pu constater la solide tenue de route de ce Rioja... désolé Audrey!!

Cépage: 100% Tempranillo
Vieillissement: 12 mois en fûts


jeudi 10 avril 2014

Nouvel arrivage Cellier: Un merlot de Sonoma surprenant

BUENA VISTA MERLOT SONOMA 2010 (SAQ 12198667 - 22,70$) vin rouge sec
*le lien que je mets normalement vers le site SAQ.com n'est pas encore actif puisque le vin paraîtra en première dans la revue Cellier du 5 mai prochain.

Buena Vista Winery constitue la première winery premium de Californie, fondée en 1857 par l'autoproclamé "Count of Buena Vista". J'ai personnellement personnifié le Count l'an passé dans le cadre du salon annuel des vins de la Californie. Quel bonheur de relever ce défi lancé par mon VP Frank. Il faisait très chaud sous ce costume, mais l'important, c'est qu'on en a fait rire plusieurs!

Cette winery a été reprise tout récemment par le Groupe Boisset et nous avons l'opportunité de les représenter au Qc. Après une courte aventure de son pinot noir Carneros en exclusivité à la SAQ Dépôt puis un peu d'importation privée, voici que la SAQ nous a accordé une première référence de cette maison au potentiel certain. Peut-être pas celle à laquelle on s'attendais le plus, comme un pinot noir ou un chardo, mais bien un merlot de Sonoma. Je vous avoue que le choix du monopole n'aurait pas été le mien. J'ai dégusté plusieurs vins de la région de Sonoma et je ne me rappelle pas avoir dégusté un merlot que j'aurais racheté. Celui-ci m'a fait changé d'idée et m'a beaucoup surpris.

D'un rouge rubis d'intensité moyenne au pourtour violacé, ce vin californien dévoile des notes de cerises et de bleuets, de chocolat (je jure avoir eu un flashback des bleuets des pères trappistes, hummm...), ainsi qu'une touche florale rappelant le lilas et l'eucalyptus.

Beaucoup de fruits en bouche "trappist style", mais mon attention a été retenue par deux choses qui selon moi font que ce merlot se distingue de ceux que j'ai goûté avant. De un, le vin est sec. Je pousserais pas à dire qu'il est officiellement 4g/l de sucre ou moins, parce que j'ai pas l'info exacte, mais chose certaine, il y a quelqu'un qui a compris quelque chose dans la vinification. Deuxièmement, un taux d'alcool à 13,5%. Pas de lourdeur, pas sucré, d'une certaine finesse bref, atypique de tout ce que j'avais jusqu'ici dégusté. Les tannins sont souples, la fraîcheur est au rendez-vous et ne semble pas traficotée par de la réacidification. C'est clean sans être prétentieux et ça fait la job au delà des attentes. 

Y'a pas beaucoup de vins rouges américains à mon sens assez digestes pour être bus sans manger, même à l'apéro. C'en est un. Mais si vous désirez l'accompagner, présentez-lui donc une grillade de porc, un confit de canard ou encore une brochette de poulet style teriyaki.

Le 5 mai prochain, arrivage cellier, come get some!

samedi 5 avril 2014

La patience récompensée: un rouge des Marches

GAROFOLI GROSSO AGONTANO RISERVA 2007 (SAQ 905679 - 28,45$ millésime 2008 actuellement disponible) vin rouge sec

La maison Garofoli est surtout connue pour ses grands blancs de l'appellation Verdicchio dei Castelli di Jesi (DOCG), dont la qualité ne fait plus aucun doute et qui représentent plus de 60% de leur production. 
Ce grosso Agontano de l'appellation Conero (DOCG), dans les Marches, issu à 100% du cépage Montepulciano, que j'avais déjà dégusté à quelques reprises, m'avait toujours laissé perplexe. Je l'ai dégusté il y a deux ans, alors que je représentais la maison (ce qui n'est malheureusement plus le cas aujourd'hui). J'en venais toujours à la même conclusion: trop chaud en alcool, déséquilibré et au fruit masqué par l'alcool. J'avais beau carafer, rien à faire. J'ai donc décidé de ne pas m'acharner et d'oublier cette bouteille au cellier un certain temps. 
marche.png
C'est toujours un peu frustrant quand on s'achète une bonne bouteille et qu'on a l'impression de ne pas pouvoir en profiter pleinement, mais parfois, la patience sait récompenser celui qui a attendu... et ce fut le cas hier soir!

Sur un repas sans prétention: une pasta sauce tomate, ail et basilic, accompagnée de saucisses italiennes piquantes (en tout cas elles étaient supposées l'être mais je pense qu'on a pas la même définition de piquante le boucher et moi...) j'abordais donc cette bouteille avec aucune attente mais plutôt par défaut. Je n'avais rien d'Italien de moyenne gamme étant prêt à boire, fallait donc redonner une chance à celle-ci, qui couvait dans le cellier depuis 2 ans. Eh bien il en a valu la peine!




D'un rouge grenat d'intensité moyenne laissant poindre une touche d'évolution aux reflets tuilés, ce vin dévoile au nez des notes de prunes, de mûres sauvages et de raisins de corinthe. Quelle différence avec le même vin où j'avais l'impression de chercher le fruit! Viennent ensuite des parfums épicés, de menthe, de cannelle et de bâton de réglisse. Je note une belle présence de minéralité dans ce bouquet, de même que certaines notes plus évoluées, de cuir et de tabac. Humm, complexe à souhait! 
En bouche, beaucoup de matière, mais des tannins ficelés serrés présentant une belle souplesse, à l'attaque presque fondue. On sent qu'ils auraient certainement pu soutenir quelques années suplémentaires, mais le beau fruit noir s'affichait ici avec une si belle vigueur que j'aurais pas hésité à en ouvrir une autre. La rétro, sur de dominantes de chocolat noir un peu amer venait compléter cette expérience gustative de ce vin bien sec, très structuré et dense, mais qui cette fois-ci s'était présenté dans un gant de velour. 

Vous pouvez actuellement trouver le millésime 2008 sur les tablettes de la SAQ, mais je vous suggère également d'essayer leurs blancs qui valent franchement le détour.




samedi 22 mars 2014

Une rareté en Bourgogne: un pinot blanc

BACHELDER, LES BAS LIARDS, SAVIGNY-LES-BEAUNE 2011 (SAQ 12089567 - 34,50$) vin blanc sec


Dans le monde du vin, on en apprend tous les jours. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il est important de rester humble. Hier après-midi, j'ai vu passer sur facebook un "post" d'un ami compétiteur qui affichait son Savigny à 100% de pinot blanc. J'avoue que j'étais excité et dubitatif en même temps. Excité parce que je suis toujours curieux, j'aime découvrir des nouveaux vins. Dubitatif parce que j'avais jamais entendu parler d'un cépage blanc autre que le chardonnay, l'aligoté et le sauvignon blanc (appellation Saint-Bris) en Bourgogne.

Eh bien effectivement, après avoir consulté les gars de la SAQ Angrignon, qui ont été jusqu'à me sortir le décret (bravo les boys!), ce fut confirmé: le pinot blanc est autorisé dans l'appellation. J'en ai embarqué 3 bouteilles, tout d'un coup que ce serait bon... 

Le verdict: magnifique!

D'un jaune presque doré profond, ce pinot blanc bouguignon (ça fait encore drôle de le dire) présente d'emblée au nez des arômes reliés au bois: des notes grillées/toastées, de beurre. Ça évolue ensuite sur le miel. Il était beaucoup trop froid, mais comme je suis pas très patient j'ai tout de suite osé une gorgée... fermé. Il fallait se calmer, le laisser respirer et surtout tempérer. C'est là que le fruit s'est donné: de la poire, de la pomme jaune, des notes d'amandes. Puis le voyage olfactif s'est poursuivi sur une belle présence de pêche blanche pas tout à fait mure et une dominante de cire d'abeille. Bref, de la complexité plein le nez et plein la gueule. Parce qu'en bouche aussi ça évoluait: beaucoup de matière, un vin dense à l'acidité plus faible qu'un jeune chardonnay de la même région, mais à point pour assurer l'équilibre. Et surtout, cette minéralité si typiques des vins la région, bien au rendez-vous même sur un cépage différent. Un boisé présent mais somme toute bien intégré et une finale fraîche et pleine de volume.

Je rêvais alors (j'avais très faim mais ce n'est plus un argument dans mon cas...) d'un poulet au beurre indien, d'un risotto à la courge musquée ou encore d'une poitrine de dinde rôtie pour l'accompagner.

Myriam et moi l'avons pris à l'apéro, puis remis le bouchon et hop au frigo. Je le redéguste au moment d'écrire ceci et il n'a absolument rien perdu. Peut-être s'est-il même bonifié... Je vais coucher les deux autres pour 2-3 ans.

Je pouvais pas m'empêcher de lancer une petite flèche à la revue cellier qui affichait le cépage chardonnay, ils devaient être aussi incrédule que moi lorsqu'ils ont su qu'ils s'étaient gourrés! Je suis persuadé que ceux qui lisent assidûment cette revue aurait aimé que cette particularité soit soulevée. Ah oui, pis c'est 13% d'alcool, pas 12,5%...

Je ne pouvais terminer ce billet sans lever un verre à la mémoire d'un Grand Conseiller en vin de la SAQ qui nous a quitté hâtivement cette semaine, laissant un sentiment de consternation autour de lui. Yves Beauchemin, tu as été un de mes mentors dans le monde du vin. On a travaillé ensemble à la SAQ de l'Île-des-Soeurs et je t'ai côtoyé comme représentant par la suite. Je n'ai jamais rencontré pareille encyclopédie vivante, animé par la passion et l'histoire derrière l'étiquette. Il y en a pas assez des comme toi, d'une générosité et d'un dévouement hors pair. Merci pour toutes ces belles années Yves avec tes expressions préférées: "C'est ça le jeu", "la joke typique", "Cours d'un bord, cours de l'autre"... Merci!

La vie est courte et fragile, profitez-en!

Adam Drolet
adrolet@univins.ca
514-347-0245


mercredi 7 août 2013

Le Blanc du moment: Domaine Lafage Cuvée Centenaire

DOMAINE LAFAGE CUVÉE CENTENAIRE, CÔTES DU ROUSSILLON 2011 (SAQ 11397460 - 19,50$) vin blanc sec

Non l'été n'est pas fini et l'amateur de vin blanc que je suis trouve encore beaucoup de difficultés à apprécier les rouges plus corsés, même avec les grillades. Nous revoici donc en blanc avec la Cuvée Centenaire du Domaine Lafage. Centenaire, et comment! L'âge moyen des vignes est de 90 ans et plusieurs vignes ont plus de 100 ans. Oui oui, genre plantées aux alentours de la Première Guerre Mondiale. Les rendements sont faibles dans ce vignoble voisin des Pyrénées, on parle de 30hl par hectare. C'est sûr, les vieilles vignes produisent moins, mais la qualité, là... on en a beaucoup pour son dollar!

D'un jaune pâle soutenu aux reflets verdâtres, ce blanc affiche au nez des effluves minérales de pierre à fusil, de fleurs blanches, de poire et d'agrumes. Élaboré à partir de grenache gris et de grenache blanc principalement, l'assemblage est complété par la roussanne. La bouche est grasse bien qu'on n'utilise ici que 30% d'élevage en  fûts. C'est l'élevage sur lies fines et le bâtonnage (remuage des particules solides pour les remettre en suspension dans le liquide) qui extrait les arômes et confère au vin cette texture ample, sans masquer le vin avec des notes boisées. C'est le deuxième blanc de la région du Languedoc-Roussillon que je déguste sur ce millésime 2011 et à chaque fois la même conclusion m'est apparue de façon évidente: les vins sont équilibrés, sans chaleur d'alcool et avec une belle acidité, juste comme je les aime. Les mêmes arômes perçus au nez se poursuivent en bouche avec une dimension légèrement plus parfumée. Pour l'avoir fait déguster toute la journée, il gagne à respirer. La longueur en bouche, irréprochable.

C'est un vin versatile, appréciable autant en apéro qu'à table en mangeant. Les possibilités d'accords sont multiples: viandes blanches grillées, pieuvre à l'espagnole, brochette de gambas, paella, name it, c'est juste trop bon! 19 piastres pour du jus de raisins issus de vignes centenaires, on aime ça!

C'est bientôt la Foire aux vins français à la SAQ, pis entre nous, il devrait y avoir un 10% sur les vins du Languedoc-Roussillon vers la mi-septembre... juste de même.