dimanche 26 août 2012

Visite du vignoble Carone dans Lanaudière


Ça faisait longtemps que j'en avais entendu parler, toujours en bien et ce, par plusieurs personnes dans le milieu du vin. Je suis très fier de nos produits nationaux; nos bières, nos fromages, nos fraises et nos bleuets n'ont rien à envier à ce qui se fait ailleurs. Nos cidres de glace et notre sirop d'érable sont reconnus mondialement. Mais notre vin, à cause de nos hivers rigoureux, sont loin d'accoter ce qui se fait ailleurs, même dans le reste du pays dans les vallées de l'Okanagan et du Niagara, régions qui jouissent de micro-climats exceptionnels.

Toujours est-il que j'étais très excité à l'idée de découvrir les produits du vignoble Carone. D'abord parce qu'Anthony et Sarah font les choses différemment. Un simple coup d'oeil à leur site internet met déjà la puce à l'oreille. Le branding est sobre, urbain et très efficace. Les labels sont épurés tout en étant riches et soignés. C'est nouveau dans tout ce que j'ai vu comme branding dans le vin. Nos cidres de glace sont forts en branding, La face cachée de la Pomme, Pinnacle ou encore Antolino Brongo sont des exemples de réussite de brand marketing. Mais dans le vin, les étiquettes drabes et sans saveur semblent vouloir se succéder. Rien pour encourager le développement d'une nouvelle clientèle. Jusqu'à ce que je tombe sur les étiquettes du vignoble Carone, élaborés avec classe par Sarah. Mais vous me direz qu'on ne boit pas des étiquettes mais bien du vin, alors parlons-en!

ROSSO CLASSICO CARONE 2010 (frontenac, landot noir, landal noir, cabernet severnyi) vendu à la propriété 15$

Vin moyennement corsé, au nez dominant de fruits des champs rouges et noirs. On perçoit en arrière plan des notes de roses anglaises et de muscade. La bouche est surprenante par sa rondeur et sa texture grasse. La dominante aromatique est la cerise kirschée. La fraîcheur contribue à donner à ce vin une longueur intéressante, à laquelle s'ajoute en finale une petite sucrosité. C'est leur vin d'entrée de gamme avec le BIN 33 et je vous jure qu'au moment où j'ai dégusté ce premier vin je me disais que s'il était annonciateur du reste de la dégustation, nous allions vraiment passer un excellent moment...


CARONE BIN 33 (100% frontenac) vendu à la proriété 18$ mais aussi disponible en SAQ dans une cinquantaine de succursales (SAQ 11004550 - 18,50$)


Premier nez, wow, c'est inusité, mais je perçoit au nez le noyau de pêche. Suivent des notes torréfiées mélangées au fruit rouge. Comme le vin précédent, la bouche est bien souple, avec des arômes dominants de fraises écrasées. Encore la même finale sucrée-acidulée. Quand la recette fonctionne...


VENICE PINOT NOIR CARONE 2010(85% pinot noir et 15% landot noir) vendu à la propriété 35$ mais aussi disponible en SAQ dans une dizaine de succursales (SAQ 11345258 - 36,00$ 

Seul producteur québécois à produire du Pinot Noir, c'est pas rien. En fait, je pensais même pas que ça existait ici et c'est personnellement mon coup de coeur de la dégustation. Beaucoup de fruits au nez, cerises et mûres, bois de santal et clou de girofle, la recette est bien à point. En bouche, aucune chaleur d'alcool (12,5%), c'est digeste, sans lourdeur et typique de la signature du producteur: frais et souple. C'est du vrai bonbon, quel beau travail!


VENICE CABERNET SERVERNYI - PINOT NOIR CARONE 2010 (75% pinot noir et 25% cabernet severnyi) vendu à la propriété 28$

Nez de fruits rouges, surtout framboise, ainsi que de cannelle. La bouche est plus tannique que le précédent pinot noir, mais toujours aussi souple et pleine de fruits rouges sauvages.


VENICE CABERNET SEVERNYI CARONE 2010 (90% cabernet severnyi 10% landot noir)vendu à la propriété 24$ et a déjà été présent en SAQ mais il ne reste qu'une bouteille à Baie-Comeau (!)  (SAQ11004488 - 24,60$)

Le cabernet severnyi est un cépage surtout planté en Russie et en Europe de l'Est et il donne ici un très beau résultat: le fruit domine au nez, la prune rouge et la framboise sauvage. On y ajoute un petit note végétale que j'ai eu de la difficulté à identifier (mon fils faisait une crise de bacon!!!). La bouche est encore plus texturée que le vin précédent, sur une finale légèrement boisée et fumée. 16 mois de fûts de chêne américain et français. Très bon!


DOUBLE BARREL ANTHONY CARONE 2009 (92% cabernet severnyi et 8% sangiovese) vendu à la propirété 55$ et en SAQ dans une vingtaine de succursales (SAQ 11506630 - 55,00$)

C'est la quintessence du domaine. On n'en produit que 1000 bouteilles annuellement. Le producteur utilise principalement du cabernet severnyi pour élaborer ce vin mais fait intéressant, on utilise ici des raisins de vendanges tardives pour ajouter de la masse tannique, de la concentration et de la complexité.  Le vin est mis en barriques américaines pendant 12 mois, puis transféré en barriques françaises pour un vieillissement total de 16 mois. Les arômes de fruits rouges et noirs s'unissent sur une trame végétale rappelant le céleri et le pied de plan de tomate. La finale est vanillée et même minérale, comme de graphite. La texture est riche et veloutée. J'en ai mis deux en cave pour le voir évoluer.



Anthony nous a fait visiter le chai et nous avons pris une marche dans les vignes. C'est un chic type, passionné comme pas un et généreux de son temps. Il nous a permis de faire d'une visite sympathique une visite extraordinaire.




 On nous a permis de pique-niquer  sur place avant de faire la dégustation, sur le bord des pieds de Nebbiolo nouvellement plantés cette année. On a même vu des ceps de Montepulciano d'Abbruzzo. Vraiment, plein de surprises et de découvertes, un accueil chaleureux et sympathique, un décor enchanteur, les ingrédients parfaits d'une journée magique.

Merci Sarah et Anthony pour la réception que vous nous avez faites, chapeau pour votre courage d'aller à contre-courant et félicitations pour le résultat délicieux que sont vos vins.

Bordeaux 2009

CHÂTEAU HAURA DENIS DUBOURDIEU GRAVES 2009 (SAQ 11546391 - 25,05$) vin rouge sec

Un Bordeaux comme on les aime en jeunesse, sur un millésime qui n'a plus besoin de présentation. C'est une reconduction de la SAQ sur le même millésime qui avait fait fureur en janvier passé. Il avait d'ailleurs été un des premier bordelais 2009 à atterrir  sur les tablettes de notre société d'État. Le nez est très racoleur, évoquant la mûre sauvage, le cèdre et la réglisse. Après 45 minutes de carafe, les tanins sont souples à l'attaque, affichant même un certain gras, puis la finale nous offre une matière un peu plus texturée, sans rugosité toutefois. On reconnaît là la concentration de ce millésime. La mûre se précise en bouche, tandis que la cerise noire, le café et la noix de coco s'ajoutent pour compléter la palette aromatique de cette très abordable découverte bordelaise. Très bien fait!

60% Cabernet Sauvignon   40% Merlot
12 mois de barriques dont 1/3 neuves.

Adam Drolet
adrolet@univins.ca
514.347.0245

dimanche 22 juillet 2012

Beronia Gran Reserva 2001: La Rioja frappe encore!


BERONIA GRAN RESERVA RIOJA 2001 (SAQ 11688550 - 30,50$) vin rouge sec


Si vous fouillez dans mes récentes chroniques, vous trouverez les notes de dégustation de la version reserva du même vin. Celui-ci, le Gran reserva 2001 sortait jeudi passé dans les SAQ Sélection, dans le cadre d'un nouvel arrivage de 24 vins du Top 100 du magazine Wine Spectator. Le rapport qualité/prix du reserva 2006 m'avais beaucoup étonné. Eh bien me revoici émerveillé. Le seul hic: les quantités. En 24 heures, la distribution du produit a fondu de 50 à 34 succursales et rien n'est dit qu'il en restera d'ici la fin de la semaine prochaine. Je me permet quand même de vous en faire part, parce que de retrouver autant de complexité d'arômes et d'évolution dans son verre au fur et à mesure que le vin s'aère, c'est tellement satisfaisant.

Au moment de verser le jus dans mon verre, j'ai tout de suite reconnu un vin évolué. D'une couleur grenat intense, on perçoit quelques reflets couleur brique. Je plonge rapidement mon nez dans le verre et c'est ma première surprise. Le vin est relativement fermé, on perçoit une chaleur d'alcool bien présente avec des notes fumées boisées (le vin passe quand même 30 mois en barriques de trois ans d'âge), suivi de notes balsamiques assez intenses. Un vin encore bien jeune me dis-je!

Puis j'agite, je replonge et tranquillement, le fruit de dévoile: de la prune, de la framboise sauvage, de la mûre. Puis des épices, comme la muscade, la cannelle, ensuite la réglisse, le café, le chocolat et l'aneth (bien présent). Ahhh! quel plaisir.

En bouche, belle présence concentrée de matière tannique à la texture souple à l'attaque et un peu granuleuse en finale, un autre signe que le vin est encore jeune. Suis-je bien en train de boire un vin qui possède 11 ans d'âge??? Il est bel et bien loin d'être à son plein potentiel. La fiche technique de la SAQ fait mention d'un potentiel de bonification jusqu'en 2022, alors que celle fournie par mon ami Pascal sur le site du Wine Spectator parle plutôt de 2015. Je ne vois certainement pas comment le vin peut pleinement se bonifier d'ici trois ans, il a encore beaucoup trop de tannins serrés capables de s'assouplir et une évolution en verre qui ne cesse d'afficher des personnalités différentes tout au long de son processus d'oxygénation. Je pense qu'un horizon de 2020 serait judicieux, le vin aura alors 19 ans, c'est fou!

Profitons du prix de ces vins pendant qu'il en est encore temps, parce que quelqu'un quelque part va finir par allumer qu'on est mort de rire!!

Bon steak les amis!

mercredi 16 mai 2012

Salon des vins du Chianti Classico 2012: Felsina

C'est par une journée chaude que se tenait le Salon du Chianti Classico dans la petite salle au marché Bonsecour. Petite salle mais non mois lumineuse que celle qui fait le plus souvent office de lieu de rencontre pour les salons de vins, au même deuxième étage. Nous avons bénéficié d'un super service et bien que je ne me suis jamais rendu au buffet, les mouettes semblaient satisfaites.

Parlons rapidement de quelques points de repère sur l'appellation Chianti Classico. C'est une DOCG, c'est à dire Denominazione di Origine Controllata e Garantita, la plus haute certification de vins en Italie et ce, depuis 1984. On retrouve un symbole de coq noir dans un cercle rouge sur chacune des bouteilles de façon obligatoire depuis 2005. Le vin doit, selon le cahier de chartes, contenir un minimum de 80% de Sangiovese. On a un maximum de 4g/l de sucre, donc on parle d'un vin sec. Finalement, la mention Riserva inscrite sur la bouteille implique un minimum de 24 mois de vieillissement incluant au mois 3 mois en bouteille avant la commercialisation.

Nous avions l'honneur d'avoir à notre kiosque M. Giovanni Poggiali, un des trois frères qui s'occupent principalement du domaine. Ce domaine a été acquis par Dominic Poggiali Fèlsina en 1966. Giovanni est de la troisième génération de propriétaires. Tous les vins de ce domaines sont en mono-cépage: le Sangiovese, cépage roi de la Toscane.

Ses vins ont tous la même signature: souplesse, finesse, complexité. Ce sont des vins de terroir équilibrés. Voici un rapport qualité/prix dont l'arrivage est prévu pour fin août/début septembre.



BERARDENGA FELSINA CHIANTI CLASSICO 2009 (SAQ 898122 - 25,35$ millésime 2008 actuellement disponible) vin rouge sec


Ce vin était présenté en primeur aux participants du salon, car c'est le millésime qui trouvera son chemin sur les tablettes de la SAQ vers la rentrée des classes... si rentrée il y a. Un beau nez de fruits rouges et noirs, de cassis, de framboise et de mûre, de réglisse, de moka et de violette. La bouche est dotée d'une belle acidité, supérieure à celle du précédent millésime 2008, aussi en dégustation à notre kiosque. Affichant beaucoup de souplesse pour sa jeunesse, la texture des tannins est bien ficelée mais trahit aussi un potentiel de garde intéressant. Le fruit frais est mis de l'avant, sans chaleur d'alcool. À boire maintenant ou à conserver pour 5 à 8 ans.

mardi 15 mai 2012

Rioja: l'Espagne qualitative à bon prix

BERONIA RIOJA RESERVA 2006 (SAQ 11667231 - 19,50$) vin rouge sec


Élaboré à partir des cépages Tempranillo, Graciano et Mazuelo, ce vin de six ans d'âge a bénéficié d'un passage de 18 mois en fûts de chêne français et américains, suivi d'un minimum d'un an en bouteille avant la commercialisation. On prend souvent cet aspect pour acquis, mais pensez-y un instant. On travaille tout un été la vigne et ce n'est que deux ans et demi plus tard que le vigneron aura accès aux retombées financières de cette récolte. Combien d'entre vous sont payés presque trois ans après avoir accompli le boulot? Le gens boivent souvent du vin sans se poser de question, sans penser aux gens qui travaillent la terre, qui se font du souci quand on annonce un orage, qui se disputent à savoir quand est le meilleur moment de récolter, qui se cassent la tête lorsque la moisissure s'empare d'un lot. Le vin est un produit de luxe soit, mais un produit vivant qui est le résultat du travail de l'Homme et de l'impact de la nature. C'est en gardant en mémoire cette perspective qu'on arrive à apprécier à sa juste valeur un trésor vinicole.

Parlant de trésor, revenons à celui qui nous concerne, le Rioja reserva de Beronia. Le vignoble est la propriété de Gonzalez Byass, principalement connu au Québec pour sa gamme de Xérès, dont le fameux Tio Pepe. Son nez arbore des notes de fruits rouges bien mûrs, de cannelle, de menthe poivrée, avec une touche de boisé. Belle complexité pour le prix... Voyons la bouche...

La texture des tannins est très souple. Ces derniers sont enrobés, gourmands et juteux. Le fruit rouge mûr, la framboise principalement, domine les notes épicées, recluses au second plan, sans toutefois être effacées. Ce fruit est généreux et concentré. Nous l'accompagnons ce soir de farfales au magret de canard et brocoli à l'aïoli, un régal. À moins de 20$, c'est carrément une aubaine. Pour ma part, ça plante la richesse, le fruit et la texture de plusieurs vins de bordeaux valant le double.

Voilà comment impressionner ses amis sans se ruiner!

Enjoy!

Adam Drolet
adrolet@univins.ca
514.347.0245