HENRI BOURGEOIS LA CÔTE DES MONTS DAMNÉS SANCERRE 2010 (SAQ 11395917 - 39,00$) vin blanc sec
C'est en 2008 que Jean-Marie Bourgeois nous faisait visiter son vignoble et ses chais. La première parcelle qu'il nous avait présentée était justement celle des Monts Damnés, ainsi baptisés parce qu'ils étaient si escarpés que leurs vendanges éprouvantes inspiraient sans doute plusieurs jurons bibliques...
Il va sans dire qu'aucune machine technologique peut à ce jour venir à bout de ces parcelles, qui sont donc vendangées entièrement manuellement. Le sol de marnes kimméridgiennes, composé d'argile et de coquillages contribue à donner à ses vins une qualité minérale exceptionnelle et unique. Ce fut jadis l'endroit où se trouvait une ancienne mer, ce qui explique les dépôts fossiles qu'on ramasse facilement simplement en se penchant.
Le sauvignon est un des cépages blanc les plus internationalisés. Mais nulle part ailleurs dans le monde retrouve-t-il cette minéralité si caractéristique que lui apporte le terroir de la Loire. On ne parle pas ici de maquillage, de levures ajoutées, de bois, rien de tout ça. C'est le résultat d'un sol, d'un sous-sol, d'un lieu géographique et de ses conditions météorologiques, puis du savoir-faire d'un homme d'exception, qui a le sauvignon dans le sang.
D'un visuel jaune très pâle presque blanc, aux reflets verts. Le nez où domine la minéralité, de pierre à fusil et de caillou humide. Les notes fruitées sont dominées par les agrumes, le fruit de la passion et la pomme jaune. On complète le bouquet pas une note végétale florale qui rappelle le muguet printanier. La bouche est séduisante et fraîche, dominée par la minéralité déjà dévoilée lors de l'analyse olfactive. Mon dieu que ça appelle les huîtres fraiches! On poursuit avec un petit côté pamplemousse jaune sans son excès d'acidité. C'est sec, sans être agressant. C'est même ciselé, droit, net, franc, d'une précision chirurgicale. L'empreinte du terroir, un flashback comme si je m'y retrouvais hier. Un équilibre sans faille et sans aucun doute un beau potentiel de garde (5-8 ans).
Du très Grand Sauvignon Blanc!
dispo à la SAQ Signature, reste une cinquantaine de bouteille...
samedi 16 février 2013
lundi 4 février 2013
Soirée raclette chez Carl: inspiration Jura !


Y'a rien d'aussi plaisant qu'une petite escapade gourmande en terrain inconnu. C'est ce que Carl nous avait planifié en ce samedi de poudrerie. Nous avons fait une première halte à la fromagerie Fritz Kaiser, spécialiste du fromage à raclette. Les proprios achètent le lait des voisins pour en confectionner une multitude de fromages. Une douzaine de ceux-ci étaient offerts en dégustation, tous vendus à un prix dérisoire, si bien que ça donnait envie de faire des provisions. Nous n'y avons pas échappé. L'étape suivante était la boucherie artisanale allemande Frick. Des saucissons, au jambon fumé maison en passant par les moutardes allemandes et le pain de viande, rien ne laissait le visiteur indifférant. Rien non plus pour saigner le budget, on se demandait sérieusement s'il n'y avait pas une erreur à notre facture tellement c'était peu onéreux. De retour dans la voiture pour retrouver la maison où nous y attendait quelques fioles du Jura, nous avions vraiment l'impression d'avoir fait le coup du siècle. De bons fromages, des charcuteries artisanales, le tout produit ici, à Lacolle près de la frontière américaine, par des gens de passion qui encouragent l'économie locale.
Il nous paraissait intéressant de comparer deux vins du Jura issus du même cépage: le Savagnin. Dans le coin gauche, un côtes du Jura ouillé, non-disponible à la SAQ - j'imagine pour l'instant-, que Carl avait dans sa cave. Et dans le coin droit, non-ouillé celui-ci, notre premier et tout nouveau produit du Jura, un Arbois de Frédéric Lornet. Le ouillage est la méthode selon laquelle on compense l'évaporation naturelle du vin dans une barrique (la part des anges) en remplissant systématiquement celle-ci du même vin et ce, afin d'éviter l'oxydation de celui-ci. Une barrique pleine dont le liquide passe lentement mais sûrement par les fibres du chêne et crée un espace dans le haut de la barrique. Cet espace contribue à oxyder le liquide en surface et l'altère lentement, comme le ferait une pomme croquée qu'on laisserait sur le comptoir et qui brunirait. En remplissant la barrique de vin régulièrement, on minimise cette surface d'air et on empêche l'oxydation trop rapide.
FRUITIÈRE VINICOLE DU VOITEUR, CÔTES DU JURA 2009 (PRIX INCONNU) vin blanc secJaune paille tirant vers des reflets dorés brillants, ce vin du Jura nous offre un nez de fruits jaunes, comme de pommes jaunes et de carambole, de cire d'abeille avec une touche florale discrète. Ce n'est pas exubérant, tout en finesse. La bouche est équilibrée avec comme arômes dominants les même fruits jaunes. Dotée d'une belle rondeur sans être grasse, la texture en bouche demeure assez limpide. La finale se conclue sur une légère amertume qui vient rafraîchir la bouche et coupe dans le gras des fromages à raclette. Fort bon et harmonieux! Faudra voir avec Carl comment et où se le procurer...
FRÉDÉRIC LORNET ARBOIS SAVAGNIN 2006 (SAQ 11794483 - 24,60$) vin blanc sec
Le visuel est doré et semble même un peu trouble sans toutefois manquer de brillance. Ce qui domine au premier nez c'est définitivement le côté oxydatif. Le vin n'étant pas ouillé, il commence à s'oxyder. Mais un voile de levures forme une carapace qui sert de capuchon au liquide et le protège peu à peu de l'air ambiant dans la barriques et lui permet de préserver une acidité tranchante. C'est le même principe d'élevage que le vin jaune. Le vin séjourne un minimum de trois ans dans ces barriques de 228 litres. En s'aérant - et je conseille de bien carafer ce vin pour en saisir toute la complexité - on découvre des arômes de pistaches et de curry indien. Sa texture est riche et onctueuse, mais son acidité à couper au couteau. La longueur en bouche est infatigable et l'accord avec la raclette un mariage parfait. C,est un blanc qui peut encore tenir la route pour plusieurs années et définitivement à revisiter.


Merci Carl pour les belles découvertes et l'hospitalité!
lundi 21 janvier 2013
La Sicile s'invite à table...
FRAPPATO AZIENDA AGRICOLA COS 2011 SICILIA I.G.T (SAQ 11695004 - 24,90$) vin rouge sec
D'un beau rouge rubis presque sanglant, ce rouge de Sicile arbore une belle robe brillante, comme des canneberges fraîchement lavées. Le nez est très fruits rouges avec la fraises nettement en dominante, avec des notes poivrées et une touche végétale terreuse. Ça rappelle beaucoup les crus du Beaujolais, comme le Moulin-à-Vent. En fait, à l'aveugle, j'aurais vraiment opté pour un gamay haut de gamme. La bouche est bien fraîche et se présente avec beaucoup de souplesse. L'avalanche de fruits rouges se précise: fraises, petites cerises rouges et même canneberges. C'est très désaltérant et facile à boire, sans pour autant être un vin simple.
Bel accord avec le poulet aux pruneaux, tomates cerises et olives noires de ma blonde, à qui j'en profite pour souhaiter bonne fête!
Adam Drolet
adrolet@univins.ca
514.347.0245
dimanche 20 janvier 2013
Un trésor de Provence
CHÂTEAU PRADEAUX BANDOL 2000 (SAQ 851758 - 36,75$ millésime 2006 actuellement disponible à la SAQ) vin rouge sec
Cette bouteille m'avait été donnée par ma mère il y a plusieurs années, elle qui revenait d'un voyage en France. Elle m'avait dit d'oublier cette bouteille dans le fond de mon garde-robe qui me servait de cellier à l'époque. C'est ce que j'ai fait non sans difficulté, parfois c'est l'abondance dans la réserve de vin, mais parfois c'est la sécheresse. Plusieurs canons sont tombés au combat sans avoir eu la chance d'atteindre leur pleine maturité, mais le Château Pradeaux 2000 a su résister aux multiples réceptions des dernières années. Jusqu'à hier...
Ce vin est composé de mourvèdre à 95%. D'ailleurs l'appellation Badol exige un minimum de 50% de ce cépage qui jouit des conditions idéales pour arriver lentement à maturité dans ce coin de Provence. Le vignoble est orienté vers le sud et donc aussi vers la Méditerranée. Le vent marin contribue à tempérer l'air et ainsi empêcher les fruits de cuire au soleil. Les sols argileux permettent une rétention d'eau réduisant le stress hydrique des ceps. Bref, ce cépage venu d'Espagne a véritablement réussi à trouver sa niche parmi les cigales. On l'utilise aussi sous la même appellation pour en faire de délicieux rosés. J'en aurai d'ailleurs un à vous présenter ce printemps lors de la sortie des rosés de spécialité par la SAQ. Mais revenons à celui-ci en rouge, dont les 5% résiduels sont issus du Grenache.
Visuellement en jeunesse ce sont des vins très colorés et opaques, mais l'évolution de celui-ci lui amène de la brillance et des reflets un peu tuilés. Le nez est magnifique et très complexe. De plus il continue à évoluer au fur et à mesure que le vin s'ouvre. La palette aromatique est composée d'un bouquet d'herbes de Provence séchées, de pruneaux, de fenouil, de cuir frais, de tabac et de vieux balsamique. Il faut avoir goûté des vins évolués pour apprécier toute la puissance possible dans autant de finesse. De doux tannins complètement fondus, mais avec encore une belle acidité. Je vois mal comment ce vin pourrait encore se bonifier sans perdre ce fruit si mûr et tomber dans des arômes tertiaires. C'est soyeux et riche, comme une couverture en polar sur le bord du feu l'hiver. Cette texture veloutée en bouche est complètement renversante. On déguste, on ne parle plus, on tombe dans la lune. On se regarde tous, on sourit, on est bien. Le crescendo gustatif se termine sur une petite note cuite amère d'olives noires séchées au soleil.Merci maman pour ce chef d'oeuvre. Merci Pascal et Mélissa pour ce super sanglier au cacao et aux porcini. Le match parfait pour récompenser la patience si souvent mise à l'épreuve qui nous a permis de déguster ce jus à son plein potentiel.
À quand le Bandol vendu en primeurs?
Adam Drolet
adrolet@univins.ca
514-347-0245
jeudi 17 janvier 2013
Le Languedoc abordable récidive
CHÂTEAU FONTANCHE SAINT-CHINIAN 2009 (SAQ 11096247 - 14,00$) vin rouge sec
Frédéric Lornet est surtout reconnu pour son beau travail dans la région du Jura et l'un de ses vins d'Arbois en Savagnin fera l'objet d'une prochaine chronique, mais voici le fruit de quelques parcelles du Languedoc, dans l'appellation Saint-Chinian. Le Languedoc est reconnu pour ses magnifiques rapports qualité/prix et nous en avons une fois de plus un exemple ici. On est sur un triple encépagement à la dominante de Grenache (70%), de Syrah (20%) et de Carignan (10%).
J'avais bien aimé son 2008 et je ne sais pas si c'est la journée difficile, mais j'ai approché cette bouteille avec un sens critique assez aiguisé. Je m'attendais vraiment pas à être impressionné, eh bien je suis tombé en bas de ma chaise.
D'un rubis assez intense au voile violacé, cette trouvaille offre au nez une dominante de fruits des champs bien mûrs qui évolue avec l'aération vers la prune, puis d'épices douces. Ça semblait prometteur mais c'est vraiment la texture qui m'a chaviré. C'est suave, riche, très rond et d'une concentration vraiment impressionnante pour un vin de ce prix-là. À l'aveugle, je n'aurais pas été gêné de payer 20$. C'est coulant et superbement réussi sur ce millésime 2009. Un vin équilibré, fier de son taux d'alcool plus que raisonnable (13%), surtout sur ce millésime. En finale, on se laisse sur un légère note mentholée, question de rafraîchir le tout.
En résumé, belle puissance, texture bien travaillée en foudre, respect de la fraîcheur et longueur appréciable en bouche. Tout y est! Probablement les 14$ vinicoles les mieux dépensés de 2013 en terme de ratio dollar/plaisir.
Son côté mûr et juteux et sa texture quasi grasse m'a immédiatement fait pensé à un morceau de confit de canard.
Je sais qu'il en reste une centaine de bouteilles à Pointe-aux-Trembles à l'heure d'écrire ces lignes, où Éric (conseiller en vin) se fera un plaisir de vous offrir un service courtois et professionnel en toute convivialité. Il est disponible du dimanche au jeudi.
Bonne chance à tous!
Adam Drolet
adrolet@univins.ca
514.347.0245
Frédéric Lornet est surtout reconnu pour son beau travail dans la région du Jura et l'un de ses vins d'Arbois en Savagnin fera l'objet d'une prochaine chronique, mais voici le fruit de quelques parcelles du Languedoc, dans l'appellation Saint-Chinian. Le Languedoc est reconnu pour ses magnifiques rapports qualité/prix et nous en avons une fois de plus un exemple ici. On est sur un triple encépagement à la dominante de Grenache (70%), de Syrah (20%) et de Carignan (10%).
J'avais bien aimé son 2008 et je ne sais pas si c'est la journée difficile, mais j'ai approché cette bouteille avec un sens critique assez aiguisé. Je m'attendais vraiment pas à être impressionné, eh bien je suis tombé en bas de ma chaise.
D'un rubis assez intense au voile violacé, cette trouvaille offre au nez une dominante de fruits des champs bien mûrs qui évolue avec l'aération vers la prune, puis d'épices douces. Ça semblait prometteur mais c'est vraiment la texture qui m'a chaviré. C'est suave, riche, très rond et d'une concentration vraiment impressionnante pour un vin de ce prix-là. À l'aveugle, je n'aurais pas été gêné de payer 20$. C'est coulant et superbement réussi sur ce millésime 2009. Un vin équilibré, fier de son taux d'alcool plus que raisonnable (13%), surtout sur ce millésime. En finale, on se laisse sur un légère note mentholée, question de rafraîchir le tout.
En résumé, belle puissance, texture bien travaillée en foudre, respect de la fraîcheur et longueur appréciable en bouche. Tout y est! Probablement les 14$ vinicoles les mieux dépensés de 2013 en terme de ratio dollar/plaisir.
Son côté mûr et juteux et sa texture quasi grasse m'a immédiatement fait pensé à un morceau de confit de canard.
Je sais qu'il en reste une centaine de bouteilles à Pointe-aux-Trembles à l'heure d'écrire ces lignes, où Éric (conseiller en vin) se fera un plaisir de vous offrir un service courtois et professionnel en toute convivialité. Il est disponible du dimanche au jeudi.
Bonne chance à tous!
Adam Drolet
adrolet@univins.ca
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